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Marie-Claude Saliceti
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Aucun retrait d’espèces, 25 paiements gratuits par mois... Ce qu’il faut savoir sur la nouvelle carte ADA + Pétition
Article mis en ligne le 6 août 2019

L’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) a annoncé, vendredi 2 août, que la carte de retrait remise aux demandeurs d’asile pour utiliser leur allocation, l’ADA, deviendra à la rentrée une carte de paiement uniquement. Elle ne permettra plus de retirer de l’argent liquide. InfoMigrants fait le point.

L’organisme, dépendant du ministère de l’Intérieur, a par ailleurs précisé que cette évolution serait appliquée "à partir du 5 septembre".

En arrivant en France, les migrants qui déposent un dossier de demande d’asile ont droit à l’ADA (allocation demandeurs d’asile) qui varie en fonction de la situation familiale du demandeur (avec ou sans enfants). Les montants varient de 6,80 euros/jour pour une personne seule (soit environ 190 euros/mois) à 17 euros/jour pour un couple avec deux enfants (soit environ 476 euros/mois) ou encore à 23,80 euros/jour pour une famille de 6 personnes (soit environ 660 euros/mois). Il s’agit de la seule allocation financière que les demandeurs d’asile peuvent percevoir.

Plus de retraits possibles aux distributeurs de billets

À partir de la rentrée, cette carte connaîtra une évolution majeure : elle deviendra une carte de paiement uniquement, c’est-à-dire qu’elle ne permettra plus de retirer de l’argent. Tous les paiements devront s’effectuer dans les commerces (par terminaux de paiement électronique). "La carte permettra [de procéder] gratuitement à 25 paiements, dans la limite de son solde. Au delà, il sera décompté 0,50 € par opération", a indiqué l’Ofii sur sa page Facebook, vendredi 2 août. Les demandeurs d’asile en possession de cette carte ne pourront toutefois par régler d’achats par Internet.

Avant, le demandeur d’asile pouvait retirer son argent en liquide à des distributeurs de billets. Ce ne sera plus possible. (...)

Pour les demandeurs d’asile, la transformation de cette carte n’exigera pas de démarches de leur part. Les cartes ne seront pas remplacées car le processus se fera par "manœuvre informatique", a-t-il ajouté.

Mais pourquoi une telle évolution ? "Nous avons constaté des problèmes concernant des fonds non utilisés. Par exemple, quand l’on a moins de dix euros sur la carte, il n’est pas possible de retirer cet argent parce que les distributeurs de billets ne fournissent pas des billets de cinq euros", justifie Didier Leschi.

La deuxième explication porte sur la protection des demandeurs d’asile. "Parce que la carte était limitée à cinq retraits [maximum], cela oblige les demandeurs d’asile à garder de l’argent liquide sur eux. Cela peut être dangereux, d’autant que certains d’entre eux ne sont pas en hébergement [et vivent dans la rue]", ajoute le directeur général de l’Ofii.

Il arrive aussi que des demandeurs d’asile envoient l’argent de l’ADA à leur famille, restée dans leur pays d’origine, au lieu d’utiliser le montant intégral pour subvenir à leurs besoins. Un processus que le nouveau fonctionnement de la carte rendra beaucoup plus difficile. (...)

Pour concevoir ce nouveau système, l’Ofii s’est fondé sur une expérimentation en Guyane, mise en place depuis février. Sur la base d’un "bilan positif", selon l’Ofii, le ministère de l’Intérieur a souhaité que ce dispositif soit étendu à l’ensemble du territoire. "Il s’agit d’une bonne base d’expérimentation sur un territoire assez unifié. La Guyane compte en effet plusieurs milliers de demandeurs d’asile, situés essentiellement sur l’île de Cayenne", souligne Didier Leschi.

Associations en colère

Du côté de plusieurs associations, cette mesure ne fait pourtant pas l’unanimité. Pour exprimer leur désaccord et demander l’annulation de la réforme, certaines d’entre elles dont Coordination urgence migrants (CUM), Collectif citoyens solidaires de Cornouaille ou encore le Collectif pour une nation refuge (CNR) ont signé une pétition en ligne, adressée à l’Ofii et à la Direction générale des étrangers en France. En deux jours, elle a recueilli plus de mille signatures.

Ces associations contestent notamment le nombre maximum de paiements gratuits qu’elles jugent "beaucoup trop juste" affirmant que "cela revient à un seul achat par jour (hors dimanche)". Elle s’opposent aussi au système de paiement par carte, dans sa globalité, rappelant que certains commerces "exigent un montant minimum d’achat" et que "les épiceries sociales et solidaires, les brocantes et les marchés n’en sont que rarement équipés". Elles expliquent aussi que les situations d’hébergement d’urgence contraignent souvent les demandeurs d’asile à payer en liquide. (...)

la petition est ici :
NON au changement de fonctionnement de la carte d’allocation des demandeurs d’asile