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Marie-Claude Saliceti
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Le Monde
Au Chili, le président élu dévoile un cabinet modéré, avec une majorité de femmes
Article mis en ligne le 23 janvier 2022

Gabriel Boric a fait une large place aux personnalités de centre gauche, signe de sa volonté de composer avec le Congrès, où il ne dispose pas de la majorité. La parité n’est pas seulement symbolique, avec des femmes à des ministères stratégiques.

C’était une annonce très attendue. Le président élu au Chili le 19 décembre 2021, Gabriel Boric (gauche), a dévoilé son cabinet, vendredi 21 janvier. Ses vingt-quatre ministres, dont quatorze femmes, composent une mosaïque modérée, avec de nombreux techniciens et des personnalités indépendantes des partis politiques. Un casting qui précise la couleur du début de mandat du prochain chef de l’Etat – il prendra ses fonctions le 11 mars –, alors que la jeunesse et l’éclectisme de sa coalition électorale, rassemblant du Parti communiste au centre gauche, ainsi que l’ambition des réformes annoncées, soulevaient de nombreuses inconnues.

Le nom le plus observé : le nouveau ministre des finances, Mario Marcel, 62 ans, président de la Banque centrale depuis 2016, à la formation académique internationale, lié au Parti socialiste. Il a occupé différentes fonctions au sein des gouvernements de centre gauche depuis 1990. « Sa nomination est un signal très important, il a de forts liens avec le monde de l’entreprise et les marchés internationaux, analyse Jaime Baeza, politiste à l’Institut des affaires publiques de l’université du Chili. En tant que président de la Banque centrale, il a tenu la ligne d’une discipline implacable. C’est aussi une preuve de transversalité : son mandat venait d’être renouvelé par [le président sortant de droite] Sebastian Piñera. » (...)

Le premier chantier du ministre sera la réforme des impôts, que le président élu entend porter à hauteur de 5 % du PIB, tandis que les grands changements sociaux – éducation, retraites et système de santé publics, notamment – vont peser sur les finances de l’Etat.

Une médecin de 35 ans au ministère de l’intérieur (...)

le secrétariat général de la présidence, chargé des relations avec le Congrès, sera occupé par Giorgio Jackson, l’homme de confiance du président élu, lui aussi trentenaire et compagnon de lutte des mouvements étudiants de 2011. Le Parti communiste occupe une place plutôt circonscrite mais non anecdotique, notamment avec Camila Vallejo au poste de porte-parole – elle aussi issue de cette nouvelle génération de gauche. (...)

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Sa moyenne d’âge est de 49 ans. "Nous devons dialoguer et beaucoup écouter. Ecoutez deux fois plus que vous ne parlez", a lancé le chef de l’Etat au futur gouvernement.

Très attendue par les marchés, le portefeuille des Finances revient à Mario Marcel, le président de la Banque centrale, sans étiquette mais lié au Parti socialiste. Mario Marcel, 62 ans, avait déjà occupé plusieurs fonctions au sein de divers gouvernements de centre-gauche. Il était le favori des marchés, qui voient dans ce choix un geste de modération dans le programme de réformes économiques que souhaite mettre en œuvre le jeune président, qui a promis l’instauration d’un Etat-providence au Chili.

Outre Marcel, le nouveau chef de l’Etat a nommé d’autres membres du centre-gauche, au-delà de sa coalition initiale qui comprend notamment le Parti communiste et ne compte que 24% des sièges à l’Assemblée nationale. "Il s’agit de consolider une coalition parlementaire qui soutienne le président", a souligné auprès de l’AFP Marcelo Mella, professeur de sciences politiques à l’université de Santiago.
Une climatologue à l’environnement

Izkia Siches, première femme à prendre la tête de l’Ordre des médecins en 2017, a été nommée ministre de l’Intérieur. Agée de 35 ans, comme Gabriel Boric, cette chirurgienne a participé activement à la gestion de la pandémie. Le ministère des Affaires étrangères revient à Antonia Urrejola, une avocate de 53 ans qui a présidé la Commission interaméricaine des droits humains. Une autre femme est nommée à la Défense : Maya Fernandez, une petite-fille de l’ex-président socialiste Salvador Allende (1970-1973) renversé par le coup d’Etat du général Augusto Pinochet.

Le ministère de l’Environnement revient à la climatologue Maisa Rojas, l’une des autrices du dernier rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). La plus jeune ministre est Antonia Orellana, 32 ans, en charge du ministère des Femmes.

Deux anciens leaders étudiants et députés, Giorgio Jackson et Camila Vallejo, qui avaient pris la tête des manifestations lycéennes en 2011 au côté de Gabriel Boric pour réclamer une "éducation publique, gratuite et de qualité", sont nommés respectivement secrétaire général de la présidence et porte-parole du gouvernement. Tous deux feront partie du Comité politique, un cabinet composé des plus étroits collaborateurs du président. Y participeront également Izkia Siches, qui avait pris la tête de la campagne du candidat Boric pour le deuxième tour de la présidentielle, et Mario Marcel.