Neuf militants pour la démocratie au Cameroun ont été arrêtés en deux jours, à Yaoundé.
Parmi eux, Jean-Marc Bikoko, responsable de la branche camerounaise du mouvement citoyen « Tournons la page ».
Ils ont été condamnés à 15 jours de garde à vue, renouvelables (...)
Perquisition et arrestations au siège du Réseau dynamique citoyenne
La police a ensuite perquisitionné, mercredi 16 septembre, le siège du Réseau Dynamique Citoyenne, la branche camerounaise du collectif Tournons la page. Lors de cette opération coup de poing, elle a arrêté trois militants pro-démocrates dont Léon Ngaba, le coordinateur de Dynamique Citoyenne, et Jean-Baptiste Sipa, le coordinateur national de Article 55, une ONG de défense des droits de l’homme au Cameroun.
Victimes de la loi antiterroriste
Les neuf personnes arrêtées ont été condamnées à 15 jours de gardes à vue, renouvelables. Le motif ? « Ils auraient défié la loi sur les manifestations publiques », explique Jean Merckaert, du collectif Tournons la page.
« Ce que l’on peut craindre, analyse Isabelle Manimben, chargée de mission Cameroun au CCFD-Terre Solidaire, c’est l’utilisation par la justice de la loi antiterroriste datant de décembre 2014 et liée à la lutte contre Boko Haram. Cette loi permet de poursuivre en justice toute personne qui peut semer un trouble à l’ordre public ». (...)
Le CCFD et le Secours catholique tirent le signal d’alarme
Tous deux membres de Tournons la page, le CCFD et le Secours catholique ont aussitôt dénoncé et condamné l’arrestation de Jean-Marc Bikoko et de ses camarades.
« Ces arrestations nous inquiètent, réagit Isabelle Manimben. Jusqu’à présent, le pouvoir camerounais n’arrêtait les opposants que dans le cadre de manifestations publiques. Ces dernières actions constituent une violation de la liberté pour les associations de se réunir ». (...)