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Greenpeace
Au Cameroun, mettons un terme à la plantation de palmiers à huile de la SGSOC !
Sylvie Djacbou Deugoue Chargée de campagne forêt, Greenpeace Afrique
Article mis en ligne le 6 octobre 2016

Au Cameroun, une entreprise qui produit de l’huile de palme menace les forêts tropicales. Son bail expire en novembre. Sylvie Djacbou Deugoue
Chargée de campagne forêt pour Greenpeace Afrique, explique pourquoi nous sommes mobilisés aux côtés des paysans locaux contre le renouvellement de la concession.

(...) Depuis maintenant trois ans, ils sont nombreux à ne plus avoir accès à leurs champs et à leurs récoltes. Ils leur ont été pris illégalement par la plantation de palmiers à huile de SG Sustainable Oils Cameroon (SGSOC), sans consultation ni accord de leur part. Le marché de Babensi II est depuis quasiment vide.

A Nguti, à 23 kilomètres de Babensi II, le même scénario s’est répété. Plusieurs dizaines de fermiers ont afflué dans la salle municipale pour nous faire part de leur crainte de voir un jour leurs fermes saisies par SGSOC. Susan Tah Agbo, dans un discours teinté d’une grande émotion, nous a expliqué qu’un jour, elle avait observé que des arbres dans la forêt tout près de son village avaient été marqués. Ces marques sont apparues après qu’une réunion a été organisée avec des cadres de l’entreprise, venus expliquer leurs projets de développement dans la zone. Les villageois avaient alors demandé à ce qu’une zone tampon de 5 kilomètres au-delà de leurs champs soit respectée, une requête que SGSOC a apparemment ignorée. (...)

Ce n’était pas la première fois que nous rencontrions ces fermiers, qui subissent les conséquences de cet accaparement des terres depuis plus de sept ans, depuis que SGSOC s’est installé dans la région. Vous avez probablement déjà entendu parler de ce scandale quand cette plantation appartenait encore à l’entreprise Herakles Farms, basée aux Etats-Unis (EN). Depuis qu’elle s’est retirée du projet, la plantation de palmiers à huile est exploitée par SGSOC, qui détient un titre de concession pour une surface d’environ 20 000 hectares. Alors que son bail foncier provisoire expire en novembre, les attentes des communautés n’ont jamais été aussi grandes de voir le gouvernement mettre un terme à ce projet. (...)

Avec nos partenaires, nous nous joignons à leur combat en lançant aujourd’hui une pétition pour demander au gouvernement camerounais de ne pas prolonger ou renouveler ce bail.

Non seulement SGSOC aurait utilisé des pots-de-vin et tenté d’intimider les communautés, mais ils ont aussi menti à des dizaines de travailleurs, qui ont été licenciés sans préavis ni indemnités alors que leurs contrats couraient encore pour plusieurs mois (...)

Pendant les trois années qu’a duré son bail foncier provisoire, cette entreprise n’a fait preuve d’aucune bonne volonté. Il n’est pas difficile alors d’imaginer tout le mal qu’elle pourrait faire si son bail était prolongé ou renouvelé.

Nous camerounais, africains, avons la responsabilité de protéger nos ressources et de nous assurer que notre héritage ne nous est pas confisqué.

Ces communautés ont besoin de nous. »