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Attaques "fascistes" à Lesbos : plusieurs ONG suspendent leurs activités
Article mis en ligne le 4 mars 2020

Plusieurs ONG ont annoncé mardi avoir suspendu leur travail auprès des réfugiés sur l’île grecque de Lesbos et avoir évacué leurs équipes. Dans cette partie de la Grèce, qui fait face à une recrudescence des arrivées de migrants depuis ce week-end, les humanitaires sont la cible de multiples attaques et de menaces de la part de groupes qualifiés de "fascistes".

Les équipes de ces ONG ont été évacuées des lieux.

"Quand la nuit tombe, il y a sans arrêt des attaques contre des membres d’ONG, des personnes venues ici en tant que bénévoles", a affirmé à l’AFP Douglas Herman, co-fondateur de l’organisation Refocus, qui donne des cours aux migrants. Les six membres de son équipe sont sur le départ. (...)

"La plupart des organisations ont décidé de suspendre leurs opérations, certaines indéfiniment. Plusieurs ONG ont demandé à leurs équipes de quitter l’île", a expliqué Douglas Herman.

Lundi soir, l’équipage du Mare Liberum, un bateau observatoire des droits de l’Homme qui navigue en mer Égée, a indiqué avoir été attaqué par "un groupe de fascistes", alors qu’il était amarré au port de l’île. "Ils ont crié, nous ont menacés et ont balancé de l’essence sur notre pont !", a écrit l’organisation sur Twitter. (...)

Adrian Kok, président de Connect by Music, ONG qui dispense des cours de musique aux réfugiés, a pour sa part informé que tous leurs bénévoles expatriés étaient renvoyés à Athènes tandis que les locaux ont cessé de travailler.

"Des personnes avec des chaînes frappent les véhicules"

À travers l’île, où plus de 19 000 personnes vivent dans des conditions misérables, des routes ont été coupées. Des attaques, ainsi que des menaces à l’encontre d’automobilistes, ont par ailleurs été rapportées. "Des personnes avec des chaînes frappent les véhicules et essayent d’atteindre les personnes à l’intérieur avec des bouts de verre cassés", a encore indiqué Douglas Herman, qui affirme lui aussi que cette violence est le fait de mobilisations "fascistes".

La police, taxée d’inaction dans ces incidents, a ouvert une enquête après "plusieurs dénonciations d’attaques envers des individus et des voitures", a appris l’AFP de source policière. (...)