Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Reporterre
Après la catastrophe écologique au Brésil, l’heure est venue de rendre des comptes
Article mis en ligne le 21 janvier 2016

Deux mois après la rupture du barrage qui a provoqué la plus grande pollution environnementale que le Brésil ait connue, les habitants font toujours face à d’importantes difficultés au quotidien et réclament justice.

Pour la population riveraine du Rio Doce et les habitants du village de Bento Rodrigues, dévasté à jamais par la coulée de boue survenue le 5 novembre 2015, la rupture du barrage de l’entreprise Samarco à Mariana n’était pas un accident. L’enquête est toujours en cours.

L’entreprise Samarco fut d’abord critiquée pour ne pas avoir installé un système d’alarme pour prévenir la population, comme cela aurait dû être fait, ni de digue afin de limiter une éventuelle fuite. Plusieurs habitants ont déclaré ne pas avoir été informés du danger que représentaient ces grands barrages situés au-dessus de leurs maisons. Samarco s’est justifié en invoquant la « crise » pour expliquer l’abandon d’un plan d’urgence dans les cartons depuis 2009 [2].

Depuis le drame, la sécurité des sites indutsriels est mise en cause de toutes parts. (...)

D’après le Mouvement des populations affectées par les barrages (MAB), il y aurait pas moins de 50 autres barrages représentant un danger. Alexandra Maranho, porte-parole du mouvement, a précisé dans une interview à la radio que les barrages qui ont rompu ne figuraient même pas sur cette liste des sites les plus critiques.

Bien avant la catastrophe, des mises en garde avaient déjà été faites et d’autres accidents avaient aussi eu lieu (...)

Malheureusement, l’importance économique du secteur minier au Brésil explique une partie des causes du désastre et risque aussi de freiner les tentatives pour faire changer les choses. (...)

Pour la population locale, il existe donc une relation ambivalente avec les activités minières : au même moment, on a vu les gens de Mariana (dont 80 % des revenus proviennent de l’économie des mines) manifester pour défendre Samarco et Vale, et leurs voisins, victimes de la catastrophe, s’attaquer vivement à ces mêmes entreprises. (...)

La ministre de l’Environnement, Izabella Teixeira, a promis une remise à plat de la législation, mais sans donner plus de détails. Depuis de nombreuses années, les ONG dénoncent au contraire les assouplissements réguliers des codes forestiers et miniers qui fragilisent la protection de l’environnement (...)

Il est vrai que la catastrophe a provoqué une vague d’émoi importante dans une partie de la société. Des citoyens se sont mobilisés rapidement pour venir en aide aux victimes et pour organiser des expertises indépendantes sur la toxicité de l’eau du Rio Doce (...) Mais la prise de conscience n’a pas eu l’air aussi forte chez les parlementaires. (...)

La présidente Dilma Rousseff a déclaré lors de l’ouverture de la COP 21 que la catastrophe était le résultat des « actions irresponsables de l’entreprise ». Samarco s’est déjà vu imputer une série d’amendes et a dû prendre à sa charge les coûts de nettoyage, d’approvisionnement et d’indemnisations des victimes. Mais de la part des responsables politiques ou du secteur minier, il n’y a aucune remise en question et encore moins de reconnaissance de leur part de responsabilité dans la catastrophe.
(...)