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Marie-Claude Saliceti
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Après l’indépendance, la Tunisie a dû s’endetter pour racheter ses propres terres aux colons !
Article mis en ligne le 11 octobre 2019
dernière modification le 9 octobre 2019

En 1863, la dette extérieure fait son apparition dans l’histoire du pays sous l’action de dirigeants corrompus, et de banquiers européens attirés par l’appât du gain. En 1881, la France prétexte la défense des intérêts des créanciers basés à Paris pour envahir la Tunisie, la dette agissant ainsi comme arme financière dans le processus d’appropriation coloniale du pays [1].

En 1957, au début de la période postcoloniale, la dette réapparaît sous forme d’emprunts accordés par l’ancienne métropole française au gouvernement tunisien pour lui permettre d’acheter les terres agricoles, acquises sous l’emprise coloniale par des colons français [2].

Enfin, après la révolution de 2011, qui n’a pas permis de remettre en cause profondément les structures économiques et sociales de la Tunisie, les robinets du financement extérieur ont été grands ouverts par les puissances étrangères, poussant les gouvernements post-révolutionnaires à boire le calice jusqu’à la lie en contractant un nombre record de prêts.

La dette extérieure permet à la France de coloniser la Tunisie

En 1863, le pouvoir local, aux prises avec des difficultés financières graves, succomba à la séduction fatale de l’emprunt extérieur. Mal lui en prit : 18 ans plus tard, c’est le pays entier qui tombe comme un fruit mûr dans le panier des puissances coloniales. Ainsi le premier emprunt extérieur, contracté par le Bey de Tunis, marqua le début d’un tournant tragique dans l’histoire du pays : celui de la colonisation (qui deviendra néocolonialisme) et du sous-développement.

La Tunisie subit l’agression coloniale durant 75 ans jusqu’à son indépendance, gagnée de haute lutte en 1956. L’objectif de cette entreprise capitaliste était le profit. Pour le maximiser, l’Administration coloniale faisait en sorte que le coût financier de l’exploitation et du maintien de l’ordre colonial en Tunisie soit le plus bas possible. Pour ce faire, elle faisait supporter la charge financière de la colonisation aux colonisés eux-mêmes, tout en livrant le pays à une exploitation et un pillage sans limite. (...)