
Nous relayons, avec un certain retard dû à la période estivale, un appel intersyndical lancé lors du centenaire de la mort de Jean Jaurès, fondateur de L’Humanité. Les organisations syndicales représentant les journalistes s’adressent à François Hollande pour l’interpeller à propos des menaces qui pèsent sur la liberté de la presse et le métier de journaliste, dénonçant les engagements non tenus du président de la République (Acrimed).
(...) « C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde. »
[...] « Mais tout cela ne serait rien et toute notre tentative serait vaine et même dangereuse si l’entière indépendance du journal n’était point assurée et s’il pouvait être livré, par des difficultés financières, à des influences occultes. L’indépendance du journal est entière. Les capitaux, dès maintenant souscrits sont suffisants pour nous permettre d’attendre le développement espéré du journal. Et ils ont été souscrits sans condition aucune. Aucun groupe d’intérêt ne peut directement ou indirectement peser sur la politique de L’Humanité. De plus, nous avons inscrit dans les statuts que l’apport de travail fait par les collaborateurs du journal serait représenté par des actions appelées "actions d’apport" qui permettent à la rédaction et à la direction politique de faire équilibre dans la gestion de l’entreprise aux actions numéraires. C’est, dans la constitution de notre journal, une garantie certaine d’indépendance. »
[...] « Faire vivre un grand journal sans qu’il soit à la merci d’aucun groupe d’affaires est un problème difficile mais non pas insoluble. »
Jean Jaurès : éditorial du premier numéro de L’Humanité, le 18 avril 1904. (...)
Aussi, les organisations syndicales représentant les journalistes (Syndicat National des Journalistes, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes, CFTC-SJ, Média 2000 CFE-CGC, SNJ-FO) lancent-elles un appel solennel au président de la République qui n’entend toujours pas la voix des journalistes comme Viviani n’entendit pas celle de Jean Jaurès.
Elles appellent les membres des rédactions, les journalistes isolés et les associations professionnelles à réagir dès la rentrée de septembre, afin que le gouvernement et le parlement mettent en œuvre les mesures nécessaires pour assurer un avenir à la profession de journaliste.
Paris, lundi 28 juillet 2014