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Le Monde/AFP
Ales Bialiatski, colauréat du prix Nobel de la paix, condamné à dix ans de prison en BiélorussieAles Bialiatski, colauréat du prix Nobel de la paix, condamné à dix ans de prison en Biélorussie
#Bielorussie #Belarus #Bialiatski #droits
Article mis en ligne le 30 mars 2023

Le militant sexagénaire a fondé et animé Viasna, le principal groupe de défense des droits humains dans le régime autoritaire dirigé depuis 1994 par Alexandre Loukachenko.

Un tribunal de Minsk a condamné, vendredi 3 mars, le militant Ales Bialiatski, colauréat du prix Nobel de la paix 2022 et figure incontournable du mouvement démocratique en Biélorussie, à dix ans de prison, a rapporté son ONG dans un communiqué. L’organisation Viasna précise que deux coaccusés de M. Bialiatski, emprisonnés et jugés à ses côtés, Valentin Stefanovitch et Vladimir Labkovitch, ont eux été condamnés respectivement à neuf et sept ans de prison.

Le comité qui décerne le prix Nobel de la paix a condamné ce verdict : « Le procès et les accusations contre lui sont à motivation politique », a commenté la présidente du comité norvégien, Berit Reiss-Andersen, dans un communiqué. La France a dénoncé cette condamnation qui « témoigne une nouvelle fois de la politique de répression sans précédent conduite par les autorités biélorusses à l’encontre du mouvement de protestation pacifique qui a émergé à l’issue du scrutin frauduleux de l’élection présidentielle du 9 août 2020 » ayant abouti à la réélection du président Alexandre Loukachenko.

Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a condamné une « décision de justice factice », appelant à « la libération de Bialiatski et de tous les prisonniers politiques en Biélorussie ». Sur Twitter, la ministre des affaires étrangères allemande, Annalena Baerbock, a qualifié de « farce » ce procès. Le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a évoqué une « scandaleuse » condamnation. (...)

Un quatrième accusé, Dmitri Soloviev, jugé par contumace après avoir fui en Pologne, a reçu une peine de huit ans de prison. Tous ont aussi été condamnés à une amende de 185 000 roubles biélorusses (69 000 euros).

« Injustice honteuse » (...)

Lire aussi :

 (FIDH)
Belarus : Les accusations mensongères contre le prix Nobel Ales Bialiatski et ses collègues de l’association Viasna

(...) « La situation au Belarus a toujours été catastrophique pour les droits humains. Depuis des années, la FIDH collabore avec Viasna pour rendre publiques les persécutions politiques et attirer l’attention sur les lois draconiennes. La procédure engagée à l’encontre des responsables de Viasna montre que même ces lois ne fonctionnent pas au Belarus », explique Alice Mogwe, présidente de la FIDH. (...)

La répression a frappé très violemment les organisations de défense des droits humains. Plus de 275 ONG de défense des droits humains ont fermé au Belarus, ce qui ne laisse aucune entité de défense des droits humains exercer légalement dans le pays. Le gouvernement a réintroduit la responsabilité pénale des personnes impliquées dans des organisations non enregistrées et jeté en prison des dizaines de défenseur·es des droits humains, dont six activistes de Viasna.

Malheureusement, le cas d’Ales Bialiatski, Valiantsin Stefanovich et Uladzimir Labkovich est représentatif de nombreuses autres poursuites bâties sur de fausses preuves et illustre les défaillances de la justice au Belarus. Dans cette publication, la FIDH explique pourquoi les accusations à l’encontre d’Ales Bialiatski, Valiantsin Stefanovich et Uladzimir Labkovich sont des simulacres.

1. 16 mois d’enquête conduite dans le quasi-secret (...)

2. Plusieurs nouvelles accusations déposées quatre mois avant le procès (...)

3. L’association Viasna est littéralement accusée d’aider des centaines de personnes (...)

4. En 2014, le Comité des droits de l’homme des Nations unies a jugé arbitraire une accusation similaire (...)

5. Au tribunal, les trois hommes ont été traités comme des criminels (...)

6. Aucun média indépendant ni activiste n’a été autorisé à assister au procès (...)

7. Un mois pour lire les 84 900 pages du dossier pénal (...)
Le dossier pénal se composait de 283 volumes. Chaque volume contenait environ 300 pages. Les accusés ont eu un mois pour prendre connaissance des documents, soit une lecture de 9 volumes ou 2 700 pages par jour en moyenne. Ce qui est évidemment impossible. Impossible aussi, dans ces conditions, de préparer sa défense. Ales Bialiatski, par exemple, n’a pas eu le temps de lire plus de 70 volumes. En outre, il n’a pas eu le droit de lire les documents dans sa langue maternelle, le belarus, tous les documents étaient rédigés en russe.