Murielle Millet, directrice générale de la société Apnyl, située à Izernore dans l’Ain, est soupçonnée d’avoir commandité l’assassinat d’un syndicaliste jugé "gênant". Elle a été interpellée et incarcérée à Paris.
Des tueurs à gages, des agents des services secrets, des francs-maçons, des chefs d’entreprises... le casting est digne d’un polar, mais il a failli coûter la vie à un délégué syndical d’une entreprise de la Plastics Vallée, près d’Oyonnax. La directrice générale de la société dans laquelle travaille cet homme, aurait commandité son assassinat. Elle vient d’être écrouée après une enquête menée par la brigade criminelle de Paris.
Le syndicaliste ne serait pas le seul à avoir eu un contrat sur sa tête.
Il devait soit être neutralisé, soit être éliminé contre 75 000 euros.
La directrice générale de cette entreprise spécialisée dans les pièces techniques en plastiques est Murielle Millet. C’est elle qui aurait commandité cet assassinat. Elle a été mise en examen, tout comme son mari, pour association de malfaiteurs dans le but de commettre un meurtre. (...)
Une enquête tentaculaire au casting étonnant et détonnant
L’enquête a été confiée à la brigade criminelle de Paris, l’élite de la police, car elle ne concerne pas que l’affaire d’Izernore. Elle révèle l’implication de tueurs à gages, d’agents du renseignement, de politiques et de francs-maçons de la loge Athanor, dissoute en février dernier. (...)
Un procès-verbal glaçant
En janvier 2020, Frédéric Vaglio se serait rendu dans l’Ain pour visiter l’usine Apnyl de Murielle Millet et de son mari. Lors de la visite, Murielle Millet aurait dit à Frédéric Vaglio, en parlant du délégué syndical Hassan T. ’’On a un mec qui n’arrête pas de nous emmerder et qu’on ne peut pas virer. Parfois j’aimerais bien lui casser la gueule, qu’est-ce qu’il peut nous embêter’’.
C’est ce que Frédéric Vaglio déclare aux enquêteurs dans le procès-verbal. Il leur affirme en avoir informé Daniel Beaulieu.
’’Après quinze jours de réflexion, poursuit-il, le couple était ok pour faire quelque chose’’. Le montant du contrat est fixé à 75 000 euros.
Mais en juillet 2020, le contrat est arrêté. L’un des tueurs à gage contracte le covid et, à des centaines de kilomètres de là, un autre contrat échoue in extremis, celui de Marie-Hélène Dini, coach en entreprise.
Tout comme le syndicalite Hassan T., Marie-Hélène Dini échappe elle aussi à la mort.
Une arrestation en juillet 2020 à Créteil a permis à l’enquête dans l’Ain d’avancer (...)
en 2018, un contrat avait été honoré. Il s’agit du meurtre de Laurent Pasquali, pilote de rallye amateur. Un couple de médecins avait investi 200 000 euros dans l’écurie du pilote. Ce dernier n’aurait pas honoré ses dettes de sponsoring. Son corps a été retrouvé fin 2019, en Haute-Loire, à 500 kilomètres de son domicile, enterré dans une forêt.
Les différentes perquisitions ont également relancé l’enquête sur la tuerie de Chevaline. Le 5 septembre 2012, trois membres de la famille Al-Hilli, des citoyens britanniques d’origine irakienne, et un cycliste savoyard, Sylvain Mollier, avaient été assassinés sur un parking sur les hauteurs du lac d’Annecy en Haute-Savoie.