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Marie-Claude Saliceti
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À la recherche des libertés perdues...
Article mis en ligne le 17 janvier 2021
dernière modification le 16 janvier 2021

J’ai l’impression que toutes les personnes qui s’opposent à la loi « Sécurité Globale » ainsi qu’à la loi « Séparatisme » sont plus divisées que jamais, l’impression qu’on nous a tellement divisés qu’on n’arrive même plus à se rassembler contre des lois autoritaires que même la démocratie la moins exemplaire n’oserait pas promulguer.

Oui, une personne sensée, démocrate, défendant les droits de l’homme, ne peut que s’opposer à ces lois "Sécurité Globale" et "Séparatisme", et les considérer comme peut-être la pire atteinte aux libertés de l’histoire de notre actuelle République.

Je milite pour les libertés individuelles, et parmi elles, la liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté de manifester, ces libertés sont en grand danger depuis plusieurs années, la pandémie n’a fait que renforcer les menaces qui pèsent sur elles.

Nos gouvernants ont décidé de répondre au terrorisme visant à réduire nos libertés par la réduction de ces mêmes libertés. Notre pays est entré depuis longtemps dans une phase autoritaire à laquelle il sera difficile de mettre fin, j’ai même l’impression que notre pays n’est jamais sorti de cet autoritarisme dans lequel il se complait depuis une éternité. Et ça n’ira pas en s’arrangeant si on considère les programmes des différentes forces politiques aujourd’hui en capacité de prendre le pouvoir.

Qui cherchera à sortir définitivement d’un système dans lequel un petit groupe de personnes prend les décisions pour tout le monde sans considérer les avis de chacun ?

Au regard des programmes des différents partis politiques en lice en 2017, les mêmes qui se présenteront aux élections en 2022, le renouveau démocratique promis semble hors de portée. (...)

Tout mouvement ou groupe politique qui se construit contre un autre mouvement ou groupe politique, contre une catégorie de personne ou contre une idéologie est foncièrement mauvais, basé sur une idéologie de haine et ne peut que produire de mauvaises choses. L’opposition systématique à une idée ou à un groupement de personnes sur une base idéologique ne peut mener qu’au conflit.

Toute possibilité de débat, ou même de démocratie, disparait dès lors qu’on fait le choix de ne pas accepter la pensée des personnes auxquelles on s’oppose machinalement et avec violence.

Et c’est ce genre de groupes politiques qui sont aujourd’hui au pouvoir, proche de lui ou sur le point de l’obtenir pleinement.

En France, en 2020, l’État et le Gouvernement disposent de dizaines de fichiers qui rassemblent un grand nombre d’informations personnelles sur la population, de quoi faire pâlir d’envie les régimes totalitaires des années 40.

D’un côté la haine est dans tous les camps, de l’autre ceux qui dirigent le pays disposent des moyens de faire taire, d’enfermer toute opposition indésirable.

Et finalement, existe-t-il une opposition désirable ? Notre pays n’a-t-il pas justement mis en place des règles autoritaires pour limiter, voire étouffer toute opposition ?

"Sécurité Partout, Liberté Nulle Part"

En décembre, j’ai participé à la rédaction d’un dossier, "Sécurité Partout, Liberté Nulle Part", pour le Parti Pirate.

Au départ, il s’agissait d’un coup de gueule (...)

Le Parti Pirate milite pour les libertés, la démocratie et le partage. Nous sommes témoins aujourd’hui, et depuis de nombreuses années, des multiples atteintes à nos libertés qui mettent en danger la démocratie, ou en tous cas l’idéal que nous nous en faisons. En réaction impulsive à l’actualité, des lois que notre pays avait préféré abroger refont surface, d’autres lois que nous aurions dû abroger sont mise à jour pour être renforcées. (...)

L’Histoire nous a montré jusqu’ici que la loi tend à encadrer des usages plutôt que de créer de nouvelles opportunités. Aussi, nous pouvons aisément parier sur le fait que ces pratiques décrites dans la loi "Sécurité Globale" ou dans la loi "Séparatisme" ont déjà cours un peu partout dans notre pays. Ces lois viseraient donc simplement à endiguer un vide juridique pour encadrer officiellement des pratiques de nos forces de l’ordre jusqu’ici clandestines. (...)

Ces lois qui entament nos libertés et notre sûreté au profit d’encore un peu plus de sécurité, ces lois que notre pays adopte aujourd’hui, celles que notre pays a déjà adoptées par le passé et très probablement une bonne partie des prochaines qu’il adoptera tant qu’il sera mené par ce besoin de réagir à l’actualité pour faire bonne figure aux yeux de son peuple, ne sont finalement que le résultat logique de décennies, de siècles même, d’une politique paternaliste répressive passionnée qui ne laisse plus aucune place à quoi que ce soit d’autre que la répression autoritaire, presque totalitaire, des foules en toutes circonstances.

L’accumulation de lois liberticides, le renforcement et la centralisation des pouvoirs étatiques de police et de maintien de l’ordre, affaiblissant au passage le Gouvernement, la déconnexion permanente des élus avec leur électorat, des années d’infantilisation de la population renforcées par un État d’urgence permanent mais manifestement inefficace, tout cela ne peut nous mener que droit dans un mur, "traverser la rue" n’y changera rien.

Alors pour cette année, et pour les suivantes, je fais le vœu que nous parvenions à nous rassembler pour nos libertés, pour la démocratie, pour notre avenir et celui des personnes qui devront vivre dans le monde que nous partageons, que nous construirons, ensemble.