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Mediapart
À la maintenance de la RATP, une grève invisible depuis deux mois
#RATP #greve
Article mis en ligne le 20 décembre 2022

Une bonne partie des personnels chargés de la réparation des trains se sont lancés dans des grèves perlées fin octobre, afin d’obtenir une meilleure rémunération. Le mouvement participe à la dégradation du service des transports franciliens, mais la direction de l’entreprise n’est pas très réceptive.

Des heures de grève qui s’accumulent, des réunions entre syndicats et direction envahies, des fumigènes et des slogans qui s’introduisent jusque dans le cœur de la maison mère. Depuis la fin octobre, les mainteneurs de la RATP, chargés de l’entretien et de la réparation des trains, se mobilisent pour obtenir de meilleures rémunérations. Leurs salaires font partie des plus bas de la régie. « On est la dernière roue du carrosse, mais sans nous, la RATP ne roule pas », lance Ronald, mécanicien à l’atelier de Saint-Ouen, prêt à continuer la grève jusqu’à l’obtention d’avancées salariales concrètes. (...)

Déjà le 18 octobre, journée de mobilisation interprofessionnelle pour les salaires, les mainteneurs étaient partis nombreux de l’atelier de Choisy, dans le XIIIe arrondissement de Paris, où sont réparées les rames de la ligne 7.

Dans la bouche de Franck Brouillard, technicien et secrétaire CGT de la commission santé, sécurité et conditions de travail du département « matériel roulant ferroviaire » de l’entreprise, les chiffres se bousculaient alors : « Nos nouveaux collègues sont payés 6 euros de plus que le Smic » ; « Je suis payé 2 200 euros net après plus de vingt ans d’ancienneté » ; « On veut une augmentation de 300 euros net pour tous les mainteneurs ». (...)

Grève perlée sur plus de la moitié des ateliers de maintenance de la RATP

Quelques jours après cette journée de mobilisation, les ateliers de maintenance de la RATP ont embrayé les uns après les autres. « Aujourd’hui, plus de la moitié des 26 ateliers ont été ou sont en grève. Nos collègues se mettent en grève une heure, parfois la matinée, parfois même la journée entière », raconte Fabrice Delage, délégué syndical CGT et mécanicien aux ateliers de Massy-Palaiseau, où sont notamment réparées les rames de la ligne du RER B.

Impossible cependant de connaître le chiffre exact de grévistes. (...)

« C’est la première fois que je vois un mouvement aussi suivi du côté de la maintenance, ajoute Bertrand Dumont, représentant Sud Solidaires de l’atelier de maintenance de Saint-Ouen. Le 17 novembre, on s’est retrouvés à plusieurs centaines de salariés de la maintenance à envahir une réunion au siège de la RATP. On leur a bien répété le mécontentement des agents et l’importance de la question salariale. »

L’importance de la mobilisation se calcule aussi par le nombre de rames de métro et de RER qui ne passent plus, parce que les trains sont bloqués dans des ateliers tournant au ralenti. Un sujet plus que sensible, alors que depuis cet été, la dégradation du service est nette, et fait l’objet d’un bras de fer intense entre la RATP et la région Île-de-France, sur fond de hausses des tarifs dès début 2023. (...)

La direction veut revoir le système des primes, et en supprimer

Il y a quelques mois, la direction a lancé des négociations pour remettre à plat l’ensemble des primes accordées aux agents, avec pour objectif affiché d’en supprimer certaines au passage. (...)

2,2 % d’augmentation, contre 6,2 % d’inflation (...)

Les syndicats espéraient pouvoir discuter des augmentations de salaire dès décembre pour l’année 2023, mais la direction a renvoyé les négociations à janvier. En même temps que le début des annonces sur la réforme des retraites… Si la direction ne recule pas sur le « chantier prime » et n’accorde pas de réelles augmentations de salaire, les grévistes promettent à Jean Castex, l’ancien premier ministre devenu PDG de la RATP, un début d’année pour le moins compliqué.