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A Calais, les associations veulent aider les migrants "sans se faire harceler
Article mis en ligne le 26 juin 2017

"Dramatique", "inacceptable". Au volant de sa Kangoo marron, Sylvain Desaturne n’a pas de mots assez durs pour qualifier la situation des migrants à Calais. Ce musicien de 34 ans, coordinateur à l’association l’Auberge des migrants, se rend dans le nord-est de la sous-préfecture du Pas-de-Calais, où une distribution de nourriture est organisée, à 13 heures, mardi 20 juin.

Depuis une dizaine de jours, la situation des migrants à Calais inquiète au-delà de la ville. Le Défenseur des droits, Jacques Toubon a publié le 14 juin un compte-rendu, où il dénonce des "atteintes aux droits fondamentaux" des migrants qu’il qualifie "d’une exceptionnelle et inédite gravité". L’accusation est lourde. Deux jours plus tard, une lettre ouverte publiée sur le Bondy Blog est signée par des politiques de gauche et des personnalités diverses, telles que l’acteur Omar Sy ou la chanteuse Christine and the Queens. Ils réclament l’arrêt des "pressions" et du "harcèlement de la police" que subiraient les bénévoles et les migrants sur place.
Dans le même temps, les autorités réaffirment leur volonté d’éviter à tout prix la réinstallation des exilés de la "jungle". Calais ne doit "plus être un abcès de fixation", a martelé le ministre de l’Intérieur, Gérard Colomb, jeudi 22 juin. Franceinfo s’est rendu à Calais pour faire le point sur les conditions d’accueil des migrants, puis dans un camp plus au sud, pour voir si la situation a évolué de la même manière depuis la fermeture du camp.

"On ne pouvait plus leur donner de l’eau" (..)

Depuis le démantèlement de la "jungle", "on assiste à une escalade de la violence", appuie Sylvain Desaturne, qui dit en avoir "marre d’être harcelé par la police". Pour empêcher les migrants de se réinstaller, les autorités ont maintenu une pression permanente sur les migrants et les bénévoles. Tentes détruites, couvertures aspergées de gaz lacrymogène –"elles deviennent inutilisables"–, réveil à toute heure de la nuit : plusieurs bénévoles accusent les forces de l’ordre de tout mettre en oeuvre pour faire partir un maximum de migrants.
Les 450 CRS venus renforcer les équipes du secteur patrouillent dans la ville. L’objectif revendiqué : empêcher la formation de "points de fixation", ces lieux en dur synonyme d’installation de longue durée des réfugiés, comme l’ancienne "jungle" par exemple, quitte à utiliser la manière forte, même contre les associations. (...)

Dans la foulée de la lettre ouverte du Bondy Blog, onze associations ont saisi le tribunal administratif de Lille pour "lui demander d’enjoindre aux autorités de respecter les libertés et les droits fondamentaux des exilés présents sur le Calaisis". La décision sera annoncée "en début de semaine prochaine", rapporte France 3 Hauts-de-France.
"Le cimetière est ouvert pour tous" (...)

Alors des migrants ont choisi une autre solution : ils s’installent dans le département, mais à distance de Calais. A 70 kilomètres plus au sud, à Norrent-Fontes, un village de 1 500 habitants situé entre Saint-Omer et Arras, par exemple. Là, la situation semble beaucoup moins tendue qu’à Calais. (...)