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A Calais, de nombreux exilés sont des « Dublinés », certains disent porter ce statut comme un "fardeau". Eclairage.
Article mis en ligne le 14 août 2018

(...) Depuis 2015 et la mise en place de ces centres d’enregistrement d’enregistrement en Grèce et en Italie, où sont identifiés, enregistrés et où sont prises les empreintes digitales des migrants, c’est devenu une obsession. Ne surtout pas devenir un “Dubliné”.

Les “Dublinés” - référence au règlement Dublin III, sur les demandeurs d’asile dans l’UE - sont les migrants qui ont déposé leurs empreintes dans leur pays d’entrée en Europe en charge de leur demande d’asile. Ils peuvent être théoriquement renvoyés dans ce pays “parrain”, en cas d’interception par les autorités. A Calais, nombreux vous diront qu’ils sont “dublinés” en Grèce ou Italie.

Ils sont ainsi enregistrés dans la base de données dite “Eurodac”. Avant les hotspots de 2015, la procédure était déjà de mise, mais partiellement appliquée par tous les Etats. Aussi, les “hotspots”, centres surveillés sont devenus des passages difficiles à contourner pour les réfugiés arrivant par les mers Egée ou Méditerranée. Barbelés, policiers, hauts murs, celui de Moria, à Lesbos, l’un des plus importants, s’apparente à une prison aux yeux des quelque 7 000 exilés qui y attendent en ce mois d’août 2018, bloqués en attendant le traitement de leur demande d’asile.

Il faut alors absolument éviter les hotspots disent certains migrants, contourner les îles de Lesbos, kos, leros, Samos, Leros en Grèce, où sont basés ces centres où les ports de Pozzallo, Porto Empedocle,Trapani en Sicile ou encore l’île de Lampedusa.

Fantasmes sur "l’Eldorado"

D’autres exilés utilisent dangereusement (et vainement) la technique dite du “magic”, comme l’appellent les Afghans notamment selon des ONG, qui consiste à se brûler le bout des doigts pour dissimuler leurs empreintes.

"En France, on nous renverra dans les pays d’entrée si on se fait prendre par les autorités. Au Royaume-Uni, on sera tranquilles, ils ne renvoient personne", peut-on entendre dans les "jungles". Face à Calais, l’Angleterre nourrit beaucoup de fantasmes chez les exilés, des données colportées par des passeurs qui cherchent à vanter "l’Eldorado", ou des illusions auxquelles les migrants veulent encore croire pour garder espoir.

L’idée que "Dublin" ne serait pas appliqué au Royaume-Uni fait partie de ces rumeurs qui circulent sur le littoral. "C’est exactement le même règlement en vigueur en France et en Grande-Bretagne, contredit Magali Lambert de l’association La Cimade. (...)

Dans le cadre de la "procédure Dublin", si un exilé n’a pas été transféré dans les six mois à compter du jour où l’Etat responsable a donné son aval, l’Etat de transit deviendra responsable de sa demande d’asile.

Pour aller plus loin : https://www.gisti.org/spip.php?article5153