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Utopia56
20 ans de Frontex ; ou comment l’Europe se rend coupable de violation des droits humains.
#Frontex #Immigration #migrants #UE
Article mis en ligne le 28 octobre 2024
dernière modification le 25 octobre 2024

Fron– quoi ?

Frontex (pour Frontières Extérieures) est l’Agence européenne de garde frontières et de garde-côtes. Elle est chargée du contrôle et de la gestion des frontières extérieures de l’espace Schengen.

Créée en 2004, elle a beaucoup évolué, notamment en élargissant ses missions en 2016 et en créant son propre corps de gardes en 2019. Peu à peu, elle est devenue le bras armé de la politique migratoire européenne.

C’est à partir de cette même année 2019, que l’agence est accusée de violer les droits fondamentaux des personnes et de collaborer avec des États qui ne respectent pas les droits de l’homme.

En mars dernier, Utopia 56 a déposé plainte contre Fabrice Leggeri (directeur de Frontex de 2015 à 2022 et numéro trois du RN aux européennes 2024), pour complicité de crime contre l’humanité et crime de torture.

L’agence opérationnelle la mieux dotée de toute l’Union européenne. (...)

Sa mission principale est d’assurer la gestion européenne des frontières extérieures et d’accroître l’efficacité de la politique d’expulsion de l’Union européenne, mais elle a aussi des obligations liées à la sécurité maritime et aux activités de recherche et de sauvetage.

L’agence travaille étroitement avec des pays même en dehors de l’Europe et délègue certaines de ses missions.

En 2016, un accord a notamment été signé avec la Turquie pour la gestion de la frontière. Frontex forme également des gardes-côtes libyens depuis plusieurs années. Des pays pourtant connus pour des cas grave de refoulement et de torture.
Pourquoi on ne les aime pas ?

Dès 2019 des enquêtes journalistiques montrent que l’agence Frontex tolère et se rend coupable de violations des droits fondamentaux de réfugiés. En 2022, plus de 10 enquêtes étaient en cours sur ses agissements.

La direction de Frontex a caché, à plusieurs reprises, à son propre responsable des droits fondamentaux, les cas de violations possibles des droits de l’homme.

En plus de sous-traiter certaines de ses missions à des pays coupables de crimes humanitaires, l’agence a pratiqué des renvois illégaux de personnes exilées dans plusieurs zones où elle intervient. (...)

Collaboration avec les gardes côtes libyens.

Depuis 2015, l’UE a consacré 700 millions d’euros en Libye. En plus de ce soutien financier et matériel, Frontex forme les gardes côtes, ceux-là mêmes qui commettent des violations répétées du droit maritime et humanitaire : refoulement, tir à balle réelle, menaces, mise en danger, etc…

Frontex facilite les retours forcés des personnes exilées en Libye, pays dans lequel elles sont exposées à des violences physiques et sexuelles, au travail forcé, à la torture et au racket.

En effet, l’agence participe à l’interception d’embarcations par les gardes cotes libyens, en les prévenant des embarcations repérées avant même de contacter des navires de secours, ou de commerces qui seraient plus proches.

L’agence a des avions et différents moyens de surveillance en Méditerranée et les utilise pour participer aux refoulements illégaux.

Cas de push-backs et drames en Méditerranée. (...)

Le règlement de Frontex obéit à la Convention de Genève, selon laquelle un réfugié ne peut pas être renvoyé dans un pays où sa vie est menacée.

De nombreux témoignages rapportent également les brutalités commises par des agents bulgares participant aux opérations de Frontex : coups de bâton, déshabillage de force, vols d’effets personnels, agressions verbales, blessures graves infligées par des chiens, etc.

Le silence de l’agence face au non-respect des droits humains dont elle est témoin et qui ne cessent de se multiplier et de s’aggraver, est affligeant.

La présence de Frontex en France. (...)

Depuis 2019, les enquêtes et révélations se multiplient sur les agissements de cette agence qui n’a de respect ni pour le droit humanitaire, ni pour les droits humains.

Complice de torture, complice de crime contre l’humanité, de refoulement, de violences, les exemples s’accumulent chaque jour.

De multiples acteurs (société civile, médias, institutions) dénoncent et documentent depuis plus de dix ans l’incompatibilité du mandat et des activités de Frontex avec le respect des droits fondamentaux. Cela doit cesser.