Deux ans fermes pour un prostitueur de mineure, et trois ans de sursis. Au total, cinq ans. Enfin un verdict à la hauteur de la gravité des faits pour un quadragénaire accusé d’avoir recouru à la prostitution d’une mineure de 15 ans. La chose est suffisamment rare pour mériter d’être soulignée.
Le verdict est tombé le 16 janvier 2026, nous apprend Ouest-France. En 2023, sur le site coco.fr, l’homme de 48 ans avait acheté un droit au viol sur une gamine. Ces faits sont quotidiens en France. Mais très peu de ces individus étaient jusqu’ici condamnés tant l’idée que l’argent efface le crime reste ancrée dans la société et dans l’esprit de nombreux juges.
On n’en finirait pas de citer des exemples de l’indulgence qui trois fois sur quatre sauve la mise de ces « consommateurs », prostitueurs impitoyables. En novembre 2025, l’émission Envoyé Spécial, sur France Télévisions, relevait le cas d’une ado de 15 ans séquestrée par des proxénètes et livrée à dix-huit « clients » en cinq jours. Il avait suffi à ces hommes, ostéopathe ou chef d’entreprise, de déclarer qu’ils ignoraient qu’elle était mineure (15 ans… vraiment, ils n’ont pas vu ?) pour s’en sortir avec de maigres amendes de 500 à 700 euros. (...)
Le non lieu ou le sursis ont donc longtemps adouci les peines de ces messieurs, excusés pour leurs « besoins irrépressibles » de chair fraiche. « On est au degré zéro de la réponse pénale », titrait récemment le Monde. « L’impunité des clients perdure », écrivait de son côté le Dauphine Libéré. (...)
La récente condamnation du quadragénaire à deux ans fermes serait-elle le signe d’une prise de conscience ? Va-t-on en finir avec la complaisance éternelle qui continue de faire des victimes des coupables, même inconsciemment, et des agresseurs, de pauvres bougres pris d’un moment de faiblesse ? On peut commencer à l’espérer.