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Mediapart
Urgence humanitaire à Gaza : « Ils sont soignés par terre dans des mares de sang »
#Israel #Hamas #Palestine #Gaza #Cisjordanie
Article mis en ligne le 28 décembre 2023

Après l’annonce du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou de l’intensification des combats à Gaza, le personnel humanitaire alerte sur la catastrophe dans l’enclave. La coordinatrice des opérations MSF à Gaza et la porte-parole de l’UNRWA témoignent.

Lundi 25 décembre, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publiait sur son compte X une vidéo glaçante. On y voit un médecin de l’organisation se filmer dans l’hôpital Al-Aqsa, situé au centre de la bande de Gaza. Au milieu de la foule de réfugié·es s’agitant dans les couloirs, un enfant, Ahmed, 9 ans, est allongé sur le sol, entouré de personnel médical. Ils lui administrent un sédatif « pour atténuer ses souffrances pendant sa mort », commente celui qui se filme, gilet pare-balles et casque sur la tête.

Ahmed a été victime de l’impressionnante frappe israélienne à proximité du camp de réfugiés d’Al-Maghazi, où se trouvaient de nombreux civils. Le premier bilan du ministère de la santé palestinien décomptait 70 morts. Deux jours plus tard, l’ONG Médecins sans frontières (MSF), présente dans l’hôpital Al-Aqsa, annonce avoir reçu 209 blessé·es et 131 personnes déjà décédées, « principalement des femmes et des enfants », ajoute Guillemette Thomas, coordinatrice des opérations MSF à Gaza, jointe par Mediapart. (...)

Le jour de la frappe, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, en visite à Gaza, annonçait « intensifier » les frappes. (...)

Accès aux soins quasi impossible (...)

Une grande partie des soignants de MSF sont partis se réfugier à Rafah, avec le million d’autres déplacés palestiniens. (...)

Démembrements, brûlures étendues, mutilations, éclats d’obus dans tout le corps et plus récemment, blessures par balle : les patient·es qui arrivent dans les hôpitaux nécessiteraient cinq ou six médecins pour une opération « dans des conditions matérielles et stériles favorables », continue la coordinatrice. Impossible donc, de soigner tous les blessés quand ils arrivent par dizaines après un bombardement. En somme, un blessé grave à Gaza aujourd’hui n’a « quasi plus aucune chance de survivre », admet-elle.

Les équipes de MSF sont présentes dans sept structures de soin dans le centre et le sud de l’enclave. Toutes font état d’une situation chaotique dans les hôpitaux (...)

« Aujourd’hui, on a des personnes qui meurent anonymement de maladies normalement curables comme le diabète parce qu’ils ne peuvent pas se rendre dans les hôpitaux, affirme-t-elle. Ceux-là passent sous les radars et nous n’avons aucune statistique. »

Dans le nord de la bande de Gaza, plus aucun centre de santé n’est fonctionnel. Le terrain, lieu des combats terrestres les plus acharnés, a été déserté par toutes les ONG et aucune aide humanitaire ne peut y pénétrer.

Les secours entravés (...)

Le 26 décembre, le New York Times publiait une enquête vidéo démontrant que près de 200 bombes lourdes ont été lancées par Israël dans des zones déclarées « sûres » pour les civils, dont la majorité dans la commune de Khan Younès.

En plus des bombardements, les ONG font face à une difficulté majeure, utilisée par l’armée israélienne : le « black-out », autrement dit, les coupures généralisées de réseau, très fréquentes. (...)

Le 26 décembre, le New York Times publiait une enquête vidéo démontrant que près de 200 bombes lourdes ont été lancées par Israël dans des zones déclarées « sûres » pour les civils, dont la majorité dans la commune de Khan Younès.

En plus des bombardements, les ONG font face à une difficulté majeure, utilisée par l’armée israélienne : le « black-out », autrement dit, les coupures généralisées de réseau, très fréquentes. (...)

Même conséquence chez MSF, pour qui les coupures de réseau empêchent d’aller chercher les blessé·es, qui ne peuvent plus appeler d’ambulance. « Une arme de guerre comme une autre » (...)

Aujourd’hui, 400 000 Gazaoui·es sont réfugié·es dans les rues autour des abris de Rafah et le personnel humanitaire ne parvient plus à faire parvenir les produits à l’intérieur. (...)

Lire aussi :

 (The Times of Israel)
Ocasio-Cortez fustigée pour un message de Noël comparant Jésus aux Gazaouis

Les critiques ont fustigé Alexandria Ocasio-Cortez, représentante de New York qui, dans un message émis pour Noël, a comparé Jésus aux Palestiniens. L’un d’entre eux au moins a estimé que ces propos invoquaient l’idée antisémite historique du « peuple déicide », où les Juifs sont accusés d’avoir tué Jésus.

Faisant le parallèle entre les persécuteurs de Jésus et l’Israël des temps modernes, Ocasio-Cortez a écrit sur Instagram, dimanche, que Jésus était né « dans la Palestine des temps modernes » sous un gouvernement ayant « massacré des innocents ». Selon le Nouveau testament, Jésus était Juif, il avait vécu dans les frontières du territoire israélien tel qu’il existe aujourd’hui et il avait été tué par les Romains qui y détenaient le pouvoir à l’époque.

« Il appartenait à une population ciblée, tuée de manière indiscriminée pour protéger le pouvoir d’un dirigeant injuste », a écrit Ocasio-Cortez. « Des milliers d’années plus tard, des forces de droite occupent avec violence Bethléem alors que l’Histoire se répète pour les Palestiniens d’aujourd’hui ». (...)

La députée de New York, membre de la « Squad » qui regroupe les progressistes anti-Israël du Congrès, a qualifié la famille de Jésus de « Juifs palestiniens ».

Le texte figurant dans le post était placé sur l’image d’un poupon posé sur une pile de décombres, une variation de la scène traditionnelle de la nativité qui est devenue une thématique des activistes pro-palestiniens avant Noël. Les leaders chrétiens de Bethléem, la ville qui, selon la tradition, a vu naître Jésus, ont annulé les célébrations de Noël, cette année, en signe de solidarité avec la population de Gaza. (...)

« quand on justifie le bombardement d’enfants, c’est Jésus qui est sous les décombres ». (...)