Quatre condamnés dans l’affaire Samuel Paty sont rejugés en appel à partir de lundi à Paris. Les proches de l’enseignant assassiné en 2020 attendent un jugement à la hauteur du crime.
"Ce nouveau procès les replonge dans ce qu’il y a de plus terrible pour eux", explique à franceinfo Francis Szpiner, l’avocat de l’ex-compagne de Samuel Paty et de leur fils. Le 16 octobre 2020, ce professeur d’histoire-géographie dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) était assassiné et décapité par un islamiste à la sortie des classes, quelques jours après avoir montré à des élèves de quatrième deux caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo.
A partir du lundi 26 janvier, quatre des huit condamnés dans le dossier sont rejugés en appel devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris. Un nouveau procès d’un mois, qui rouvre pour la famille et les proches de l’enseignant une période douloureuse, déjà traversée lors des sept semaines d’audience fin 2024. En première instance, les huit accusés soupçonnés d’être impliqués, à des degrés divers, dans l’assassinat de Samuel Paty avaient tous été reconnus coupables et condamnés à des peines allant d’un à seize ans de prison.
Un premier jugement "à la hauteur" du crime (...) (...)
Parmi les quatre personnes qui ont fait appel figurent deux amis de l’assaillant Abdoullakh Anzorov, abattu par la police quelques minutes après les faits : Naïm Boudaoud, 24 ans aujourd’hui, et Azim Epsirkhanov, 25 ans. Tous deux avaient été condamnés en décembre 2024 à 16 ans d’emprisonnement pour complicité d’assassinat. Le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, et le père de la collégienne qui avait lancé la rumeur fatale à Samuel Paty, Brahim Chnina, 54 ans, vont eux aussi de nouveau comparaître.
Les deux hommes, qui ne connaissaient pas le meurtrier, étaient jugés pour leur rôle crucial dans la vague de haine en ligne qui avait précédé l’assassinat de l’enseignant. Ils avaient écopé respectivement de 13 et 15 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste. (...)
L’audience se tiendra jusqu’au 27 février. La famille de Samuel Paty souhaite que "le jugement de première instance soit confirmé", rapportent à franceinfo les avocats de Mickaëlle Paty. "Ce procès en appel est une nouvelle épreuve, mais notre cliente est extrêmement déterminée", soutiennent-ils. "C’est un crime hors du commun, l’un des plus grands défis que la République ait eu à connaître", insiste quant à lui Francis Szpiner.
Dans une tribune publiée dans Libération(Nouvelle fenêtre) le 14 janvier, un comité de soutien a demandé l’entrée de Samuel Paty au Panthéon. (...)
Cette panthéonisation est "quelque chose qui doit être réfléchi", a déclaré jeudi 22 janvier à l’AFP le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, disant "comprendre la démarche" de ceux qui la défendent, tout en formulant des réserves.