Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine s’est ouvert, ce samedi 14 février, à Addis-Abeba. Il se terminera dimanche. De nombreux dossiers et autant de crises seront examinés, tels que les combats dans l’est de la RDC, la guerre civile au Soudan, la reprise de la guerre au Soudan du Sud ou encore la menace terroriste qui frappe de nombreux pays sur le continent. (...)
Le multilatéralisme et la paix en péril
Alors que les régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel – Mali, Niger, Burkina – se sont retirés de la Cédéao, que les États-Unis ou Israël mènent des interventions militaires en dehors de tout cadre légal international et que les actes d’ingérence se multiplient en Afrique et dans le monde, une inquiétude a clairement dominé l’ouverture de ce sommet, celle des périls qui menacent le multilatéralisme et la paix.
Le premier à s’en être inquiété à la tribune, c’est le président de la Commission de l’Union africaine, le Djiboutien Mahmoud Ali Youssouf, qui a pointé le « bouleversement de l’ordre international ».
« Le multilatéralisme est mis à rude épreuve », a-t-il estimé, appelant à renforcer l’intégration politique et économique de l’Union africaine, « une question de survie », selon lui.
« Notre sommet se tient dans un contexte géopolitique en crise, aussi bien sur le continent qu’à travers le monde. Faire taire les armes, sur notre continent, peine à aboutir. La fragilité politique et institutionnelle d’un certain nombre de nos pays nous préoccupe. Les conflits ouverts ou latents deviennent chroniques. Les changements inconstitutionnels de gouvernement refont surface et nous rappellent les temps obscurs post-indépendance. Le bouleversement de l’ordre international a certainement un impact significatif sur les affaires du continent, sans oublier les ingérences récurrentes dans nos affaires par des acteurs externes. Le multilatéralisme est mis à rude épreuve et l’on assiste à l’émergence de l’unilatéralisme et du protectionnisme. Face à ce constat, l’Afrique devra se renforcer à travers l’accélération de ces programmes d’intégration politique et économique. Il ne s’agit pas de vœux pieux mais d’un impératif de survie », a déclaré Mahmoud Ali Youssouf.
Mahmoud Ali Youssouf s’est aussi inquiété de la multiplication des conflits et des souffrances des populations et a plaidé pour le respect du droit international, en Afrique et dans le monde. (...)
Les élections qui « blanchissent » les coups d’État
Le président sortant de l’UA, l’Angolais João Lourenço, lui a emboîté le pas, prônant « la défense du multilatéralisme », « garant de la paix et de la sécurité mondiale ». Dans son discours, sans citer aucun nom, le président de l’Angola a dénoncé, de façon virulente, les élections qui « blanchissent » des coups d’État sur le continent. (...)