Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Atelier d’Écologie Sociale et Communalisme
Rojava : les peuples abandonnés — la liberté combattue
#Syrie #FDS #Turquie #Kurdes #Rojava
Article mis en ligne le 28 janvier 2026
dernière modification le 27 janvier 2026

Les Kurdes du Rojava sont une fois de plus abandonnés à leur sort face à un nouveau pouvoir syrien dont les tendances idéologiques autoritaires et djihadistes ne font désormais guère de doute. Les illusions qui ont suivi la chute du tyran Assad sont désormais bien tombées. Un pouvoir qui préfère complaire à son voisin turc fascisant, sous la coupe d’Erdogan — pour qui la répression impitoyable des aspirations à l’autonomie des peuples kurdes a toujours été une obsession.

Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas seulement un rapport de force militaire : c’est une tentative d’écrasement d’un territoire d’émancipation, non pas un État ni une nation, mais un espace où s’élabore depuis quatorze ans une autonomie politique concrète : l’Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), portée par les Forces démocratiques syriennes (FDS) et, au cœur de l’expérience, par la révolution des femmes — notamment les YPJ.

Comme le rappelle Azize Aslan, les attaques du gouvernement de transition syrien ont franchi un seuil début janvier : attaque des quartiers kurdes d’Alep (Ashrafieh et Sheikh Maqsoud), déplacement forcé de populations déjà réfugiées, puis extension de l’offensive contre le Nord et l’Est syrien dans le but assumé de « détruire complètement l’autonomie » et d’anéantir une révolution « antipatriarcale et anticapitaliste » construite pendant 14 ans.

Les instances internationales officielles font une fois de plus preuve de leur bassesse qui illustre leur vision prioritaire d’un certain type d’ordre international où les peuples sont considérés comme quantité négligeable et leur désir d’émancipation comme particulièrement suspect. (...)

Face à cela, il faut entendre l’appel venu de Kobanê, relayé par Kurdistan au féminin : « C’est un moment de responsabilité historique, un moment pour nous tenir aux côtés de notre peuple et défendre la vie, la dignité et le droit à l’existence. »
Et la promesse des femmes du Rojava, qui nomme sans détour ce qui est en jeu : « Cette résistance est l’honneur de l’humanité (…) Nous avons promis d’exister et nous ne renoncerons pas à cette résistance. »

Au Rojava, une formule simple résume ce que l’histoire du peuple kurde enseigne depuis des décennies : « Berxwedan Jiyane » — la résistance est la vie.

C’est pourquoi la survie du Rojava nous concerne toutes et tous et appelle à notre solidarité constante. Défendre le Rojava, ce n’est pas “choisir un camp” dans la guerre des États : c’est défendre ce qui, dans l’obscurité de l’époque, prouve encore qu’une autre organisation sociale est possible — où des peuples de confessions différentes peuvent vivre et s’organiser ensemble, contre le “diviser pour régner” — contre le capital, l’État, le patriarcat et les intégrismes religieux.