« Quel est le lieu de naissance de vos parents ? » : cette question incluse dans le questionnaire du recensement de la population française suscite des critiques. Le recensement débute jeudi 15 janvier et est organisé par l’Institut national des statistiques et des études économiques (Insee). Hors Mayotte, 8 000 communes sont concernées à travers la France. Introduite en 2025, une question portant sur le lieu de naissance des parents fait réagir ONG et syndicats, qui appellent à ne pas y répondre.
Cinq organisations nationales, dont la Ligue des droits de l’homme (LDH) et un collectif de chercheurs, estiment que la question numéro sept est à la fois inutile et dangereuse. Jean Robert Suesser, de la LDH, souligne qu’elle ne répond à aucun objectif de politique publique, rappelant que « le recensement, c’est pour les politiques publiques » et affirmant qu’« il n’y a pas de politique publique » justifiant cette collecte.
Il met également en garde contre les risques liés à la description des origines, qu’il juge problématique dans le contexte actuel, car « elle est utilisée par l’extrême droite ». Jean Robert Suesser explique enfin que les organisations opposées à cette question ont cherché, sans succès, à en comprendre son utilité concrète (...)
De son côté, l’Insee défend l’introduction de cette question. Murielle Barlet, cheffe du département de la démographie, rappelle qu’elle a été précédée d’un « large débat » et que celui-ci a conclu « qu’il y avait un avantage à garder ces questions », notamment pour « éclairer les questions de ségrégation au niveau local ».
Les organisations de défense des droits humains craignent néanmoins une utilisation des données issues du recensement à des fins discriminatoires. Elles appellent donc les personnes concernées à ne pas répondre à cette question, d’autant plus qu’elle est facultative.