Le Planet-score entend être à l’environnement ce que le Nutri-score est à la santé : une étiquette encourageant les achats responsables tout en incitant les producteurs et productrices à rendre leurs produits plus vertueux. Une ambition louable, au regard de l’urgence de la transition agricole et alimentaire.
Mais en pratique et contrairement au Nutri-score, cet affichage environnemental repose sur une méthodologie non transparente et présentant des biais conduisant à sous-évaluer les impacts de l’élevage extensif, en décalage avec le consensus scientifique sur le coût environnemental de la viande rouge. Des pratiques condamnées par les scientifiques que nous avons interrogé(e)s, à l’instar de Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe I du GIEC de 2015 à 2023. À la lecture de la méthodologie du Planet Score, celle-ci dénonce “une présentation biaisée de l’état des connaissances liées aux émissions de méthane, sous une forme prétendument scientifique“.
Avec Planet-score, une viande de bœuf peut ainsi se voir attribuer la note “B” ou même “A” – un non-sens au regard de son coût environnemental réel et du signal envoyé aux consommateurs et consommatrices. Décryptage. (...)
Avec 230 entreprises évaluées dans une douzaine de pays, ses étiquettes se multiplient rapidement sur les rayons des supermarchés. Plus de 200 millions d’emballages affichent désormais le Planet-score dans les magasins Monoprix, Biocoop, La Vie Claire, Franprix ou encore Picard, cinq enseignes majeures s’étant engagées à généraliser l’affichage du label sur leurs produits. (...)
Un outil facilement lisible et qui se veut transparent, scientifiquement rigoureux et exhaustif (25 critères au total), tout en palliant les lacunes des affichages environnementaux traditionnels : sur le papier, Planet-score a donc tout de l’étiquette parfaite.
Des choix méthodologiques contestables et sans justification scientifique du Planet-Score ?
Cependant, la lecture de la note méthodologique de Planet-score la plus récente (mai 2025) interpelle. Illustrant un manque de rigueur, certains chiffres avancés pour justifier les choix méthodologiques ne sont pas sourcés, et peu d’études scientifiques sont citées. (...)