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Observatoire des multinationales (ODM)
La présence discrète de l’État français au capital de TotalEnergies
#TotalEnergies #CaissedesDepots #urgenceclimatique #ODM
Article mis en ligne le 21 février 2026
dernière modification le 19 février 2026

Alors que s’ouvre ce jeudi un procès climatique historique visant TotalEnergies, l’Observatoire des multinationales révèle que l’État français - via son bras financier, la Caisse des dépôts et consignations – est discrètement présent au capital du groupe pétrolier et gazier, à hauteur de 1,7 milliard d’euros. Une participation sur laquelle régnait jusqu’à présent l’omertà et qui interroge sur les relations entre la multinationale et les pouvoirs publics.

C’était un secret bien gardé, il est désormais éventé. La Caisse des dépôts et consignations, avec 323 milliards d’euros d’actifs, est l’un des principaux bras financiers de l’État. L’argent qu’elle gère lui vient pour les trois quarts de l’épargne des Françaises et des Français, et notamment du livret A. En décidant où le placer, elle joue un rôle clé pour soutenir l’économie française au service – en théorie – des besoins de la population et de l’intérêt général.

On sait désormais qu’une partie significative de cet argent va au groupe pétrolier et gazier TotalEnergies.

Depuis dix ans au moins, de nombreuses voix s’élèvent du côté de la société civile et des écologistes pour demander à la Caisse des dépôts de faire la lumière sur ses investissements dans le charbon, le pétrole et le gaz, principales causes de la crise climatique (...)

L’année dernière encore, l’ONG Reclaim Finance avait pointé dans un rapport le manque de transparence de la Caisse des dépôts et consignations qui ne publie « ni la liste des entreprises détenues dans ses portefeuilles d’actions et d’obligations, ni le détail de ses votes en assemblées générales [notamment sur les résolutions climatiques, NdE] pour les entreprises dont elle est actionnaire ». (...)

Les énergies fossiles acceptables lorsqu’elles sont françaises ?

La liste des investissements de la Caisse des dépôts et consignations dans des sociétés cotées aux États-Unis inclut tous les grands noms du capitalisme américain dont Alphabet (Google), Amazon, Apple, Coca-Cola, Nike ou Pfizer, pour des sommes allant de quelques millions à quelques dizaines de millions de dollars, bien loin de la valeur des actions détenues dans TotalEnergies. (...)

TotalEnergies ne semble pas non plus se préoccuper beaucoup de l’indépendance énergétique de la France puisqu’après avoir misé à fond sur la Russie (lire notre enquête), le groupe s’est positionné pour devenir l’un des principaux bénéficiaires de la politique américaine actuelle d’exportations massives de gaz naturel liquéfié vers l’Europe.

« Si la Caisse des dépôts affirme qu’elle veut préserver notre autonomie énergétique, elle fait en réalité tout l’inverse en soutenant notre dépendance aux énergies fossiles qui sont majoritairement importées », souligne Agathe Masson.

Alors que s’ouvre à Paris le procès intenté à TotalEnergies pour sa responsabilité climatique, suite à une plainte d’ONG et de collectivités locales dans le cadre de la loi sur le devoir de vigilance, on apprend par le biais du Monde que le ministère public prévoit - contrairement à son habitude – d’intervenir en faveur du géant des énergies fossiles. On rappellera que TotalEnergies a déjà été condamné en octobre dernier pour « pratiques commerciales trompeuses », pour avoir communiqué abondamment sur sa conversion à la cause du climat sans changer grand-chose à ses activités (...)