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RFI
Pétition contre la loi Duplomb : un débat inédit s’est tenu dans une Assemblée nationale divisée
#AssembleeNationale #LoiDuplomb #acetamipride #agriculture #sante #initiatives_citoyennes #Duplomb
Article mis en ligne le 12 février 2026

Un débat sans vote s’est tenu mercredi 11 février à l’Assemblée nationale à la suite d’une pétition citoyenne massive contre la loi Duplomb. Au centre des échanges : la possible réautorisation de l’acétamipride, pesticide controversé.

À l’initiative de cette pétition, signée par plus de deux millions de citoyens, les députés ont débattu de la proposition de loi lors d’une séance exceptionnelle, sans vote. Les opposants au texte reprochent notamment des dispositions favorisant le stockage de l’eau à usage agricole et, surtout, un article visant à réautoriser l’acétamipride, un pesticide interdit en France.

Depuis le dépôt de la pétition, cet article a été censuré par le Conseil constitutionnel, tandis que le reste de la loi a été promulgué. Plusieurs mois après, le débat a néanmoins eu lieu, sans avoir rapproché les positions. (...)

L’acétamipride au centre du débat

Du côté des élus favorables à la loi Duplomb, la députée du Rassemblement national Hélène Laporte a regretté la suppression de l’article censuré par le Conseil constitutionnel. « Pour nos producteurs de noisettes, de betteraves sucrières, de cerises, de pommes, de poires, le recours à l’acétamipride, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité », a-t-elle déclaré.

À l’opposé, l’élue de la France insoumise Aurélie Trouvé a mis en garde contre les risques sanitaires. « Il n’y a plus de débat sur la dangerosité de ce pesticide et des néonicotinoïdes », a-t-elle martelé, rappelant que « l’alerte contre la loi Duplomb a été lancée par 21 sociétés savantes et médicales ». « Vous avez quoi à opposer à leurs décennies d’expertise ? », a-t-elle interrogé.

Face à ces arguments, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a invoqué l’avis de l’Agence européenne de sécurité des aliments, qui a donné son aval à l’usage de l’acétamipride. Elle a aussi provoqué un tollé à gauche en relativisant la portée de la pétition, estimant qu’elle avait été favorisée par les algorithmes des réseaux sociaux. (...)

Mobilisation et colère aux abords de l’Assemblée

En marge du débat, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés mercredi près de l’Assemblée nationale, place des Invalides à Paris, pour dénoncer un « système mortifère ». À l’appel de plus de 200 organisations, des représentants de Greenpeace, de la Confédération paysanne, de la fédération des agriculteurs bio, d’associations de victimes de cancer et des étudiants d’AgroParisTech ont pris la parole contre des textes favorisant les pesticides et l’agrandissement des élevages. (...)

Des paysans atteints de cancers liés aux pesticides ont également témoigné, tout comme des étudiants appelant à privilégier des solutions durables. Muriel, militante du collectif Cancer Colère, a enfin expliqué, à la veille d’une chimiothérapie, que ce cancer n’était pas le sien mais celui de pratiques qu’elle ne maîtrise pas, comme la « pulvérisation » des vignes à côté desquelles elle vit.
Un débat sans vote, lignes inchangées (...)

France Nature Environnement dénonce un mépris à l’égard des plus de deux millions de signataires de la pétition. La loi Duplomb étant déjà promulguée, l’autorisation de l’acétamipride a été redemandée dans une nouvelle proposition de cette loi déposée par le sénateur Laurent Duplomb.

Sur ce nouveau texte, le gouvernement entretient le flou. (...)

Lire aussi :

 (France24)
Cocktails aux pesticides, drapeaux et slogans : à Paris, le combat continue contre la loi Duplomb

Mobilisation et colère aux abords de l’Assemblée

En marge du débat, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés mercredi près de l’Assemblée nationale, place des Invalides à Paris, pour dénoncer un « système mortifère ». À l’appel de plus de 200 organisations, des représentants de Greenpeace, de la Confédération paysanne, de la fédération des agriculteurs bio, d’associations de victimes de cancer et des étudiants d’AgroParisTech ont pris la parole contre des textes favorisant les pesticides et l’agrandissement des élevages. (...)

Mercredi, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés à Paris pour dénoncer la loi Duplomb et la tentative de réintroduire des pesticides interdits dans l’agriculture française. Une pétition contre la loi, déposée à l’été sur le site de l’Assemblée nationale, a battu un record absolu de signatures, forçant les députés à organiser un débat sur le sujet. (...)

Sur l’Esplanade des Invalides, une foule dense est assemblée sous une myriade de drapeaux multicolores, flottant au vent. Sous une tente jaune, deux hommes en combinaison blanche de protection et masques hygiéniques remplissent des verres d’un liquide jaune fluo. “Tenez ! Buvez ! Cocktails aux pesticides !”, lance l’un d’eux. “Non, non ne buvez pas !” se ravise-t-il face à un curieux n’ayant pas saisi la plaisanterie. (...)

Depuis plusieurs mois, ce texte, porté par les députés LR et UDI Laurent Duplomb et Franck Menonville, cristallise la colère des organisations environnementales et bien au-delà. Une pétition citoyenne contre ce texte, déposée à l’été sur le site de l’Assemblée nationale, a battu un record de signatures, forçant les députés à y consacrer mercredi un débat public. Une première en France pour une pétition.
Une “fausse solution” pour l’agriculture

La manifestation était organisée par un collectif de plus de 80 associations écologistes, syndicales, scientifiques ou bien encore agricoles. Car si les deux premiers syndicats de ce secteur (FNSEA et Coordination rurale) se sont prononcés en faveur de la loi, tous ne partagent pas ce point de vue.

“L’acétamipride est non seulement un pesticide cancérigène, dangereux pour la santé humaine et l’environnement, mais son retour ne résoudrait en rien les problèmes de l’énorme majorité des agricultures” assène Matthieu Courgeau.

Cet éleveur de vaches laitières a fait le déplacement depuis la Vendée pour exprimer son opposition au texte. Avec son collectif “Nourrir”, regroupant 54 organisations citoyennes et du monde agricoles, il se mobilise depuis des mois. (...)

les deux députés à l’origine du texte, eux mêmes exploitant laitier et agriculteur, souhaitaient introduire des dérogations pour permettre l’utilisation de pesticides interdits, notamment l’acétamipride, par certaines filières.

Ces dérogations, jugées trop larges, ont été censurées par le Conseil constitutionnel. Mais plusieurs autres mesures controversées, permettant l’expansion des élevages industriels ou facilitant le stockage de l’eau en mégabassines, ont été maintenues dans la version finale du texte, adoptée le 8 juillet 2025 puis promulguée le 11 août.

Et les deux députés ne comptent pas en rester là. Début février, ils ont déposé une nouvelle proposition de loi plus restrictive pour réintroduire deux pesticides, (acétamipride et flupyradifurone), dans des filières spécifiques dont la betterave, noisette, cerise et pomme de terre pour éviter une nouvelle censure constitutionnelle.
Un sentiment d’abandon du gouvernement

Pour Mathieu Courgeau, les deux députés font fausse route :“La question à traiter avant tout est le revenu des agriculteurs : les marges avec la grande distribution et la concurrence avec les pays étrangers. Or on a le sentiment que ces sujets sont abandonnés par le gouvernement”, reprend le coprésident du collectif "Nourrir".

L’agriculteur de 40 ans, qui a fait le choix du bio, déplore la suppression de l’aide d’État soutenant la filière, abrogée en 2025 (...)