Disclose a obtenu plusieurs centaines de documents secrets qui révèlent la responsabilité de la France dans les crimes de la dictature d’Abdel Fattah Al-Sissi, en Egypte.
OPERATION SIRLI
Disclose a obtenu des centaines de documents « confidentiel-défense » qui dévoilent les dérives d’une opération militaire secrète de la France en Egypte. Révélations sur la complicité de l’Etat dans des bombardements contre des civils. (...)
Lire aussi :
– (Disclose)
Egypt Papers : le gouvernement étouffe le débat démocratique
partager sur Facebook
partager sur twitter
Depuis les révélations de Disclose sur les dérives de l’opération Sirli, le gouvernement refuse de rendre des comptes. Enquête sur une stratégie de paralysie du débat public, au nom du secret de la défense nationale.
Depuis 2016, l’armée française s’est rendue complice de centaines d’exécutions arbitraires contre des civils en Egypte. Les faits, révélés par Disclose en novembre dernier, sont graves : ils pourraient engager la responsabilité de la France dans de possibles crimes contre l’Humanité commis par la dictature du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi.
Malgré l’intérêt public de ces informations, leur retentissement international et les interpellations d’ONG, de membres du Congrès américain et de plusieurs parlementaires français, le gouvernement refuse de rendre des comptes… quitte à bâillonner le débat démocratique. (...)
Selon le ministère des armées, sollicité par Disclose, l’enquête est terminée. Sans surprise, elle le dédouane de toute responsabilité, affirmant que l’opération Sirli n’aurait donné lieu à aucune dérive (...) l’enquête interne est classée « secret-défense ». (...)
D’un côté, le gouvernement s’enferre dans le déni, donc. De l’autre, il poursuit la traque de nos sources. (...)
A la suite de nos révélations, une poignée de parlementaires ont tenté de jouer leur rôle de contrôle de l’action du gouvernement, comme les y invite l’article 24 de la constitution. Sans succès. (...)
Selon nos informations, le gouvernement aurait également fait pression pour que l’enquête ne se fasse pas. (...)
Une ONG monte au front
Face à l’absence de contrôle démocratique en France, l’ONG suisse Comité pour la Justice a saisi, le 21 décembre 2021, la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste. Objectif : contraindre l’Etat français à assumer ses responsabilités.
Dans sa demande d’enquête internationale, consultée par Disclose, le Comité pour la Justice invite la rapporteuse de l’ONU à examiner les liens entre les exécutions extrajudiciaires commises par l’Egypte et la responsabilité de l’Etat français, au regard du droit international. L’ONG réclame la création d’un « comité juridique, avec des experts indépendants, des ressources et l’autorité pour mener rapidement des investigations sur tous les meurtres dans le cadre de l’opération franco-égyptienne ».
Ariane Lavrilleux (@AriaLavrilleux)