Un rapport sur le bonheur, publié sous l’égide de l’ONU, analyse chaque année le bien-être des peuples dans le monde. L’étude 2026 précise que les jeunes sont bien moins heureux qu’il y a 15 ans et met en évidence les effets néfastes de leur usage intensif des réseaux sociaux.
À quoi tient le bonheur, et qui sont ceux qui, sur cette planète, sont les plus heureux ? Comme chaque année, à l’occasion de la Journée internationale du bonheur (qui coïncide avec le premier jour du printemps), le Centre de recherche sur le bien-être de l’université d’Oxford publie, vendredi 20 mars, son rapport annuel mondial sur l’évaluation de la vie, en partenariat avec Gallup et sous l’égide de l’ONU.
Heureux les Finlandais qui se maintiennent pour la neuvième année consécutive au sommet du classement, suivis par les Islandais, les Danois, les Costaricains – meilleur classement jamais atteint par un pays d’Amérique latine –, les Suédois et les Norvégiens. Les Afghans ferment la marche.
Passée du 33e rang en 2025 au 35e en 2026, la France réalise sa plus mauvaise performance dans ce classement qui compte 147 pays. (...)
un avertissement s’impose : les réseaux sociaux font plonger le bien-être des jeunes dans le monde, notamment en Europe occidentale. (...)
Pour chaque pays évalué, le score de bonheur se décompose en plusieurs indicateurs mesurés : le PIB par habitant, le soutien social (le fait de pouvoir compter sur quelqu’un), l’espérance de vie en bonne santé, la liberté de faire des choix de vie, la générosité et la perception de la corruption.
"Ces six variables ont été initialement choisies comme étant les meilleures mesures disponibles de facteurs dont les données expérimentales et d’enquêtes ont démontré les liens significatifs avec le bien-être subjectif, et plus particulièrement avec l’évaluation de la vie", précise le rapport, signé chaque année par les économistes John F. Helliwell (Canada), Richard Layard (Royaume-Uni) et Jeffrey D. Sachs (États-Unis). (...)
Certaines tendances ne sont ni nouvelles, ni surprenantes. En bas du classement se trouvent généralement des pays en proie à d’importants conflits politiques et géopolitiques. (...)
Mais d’une année sur l’autre, les classements ne sont pas si faciles à comparer. (...)
La plupart des pays industrialisés occidentaux, eux, sont aujourd’hui moins heureux qu’ils ne l’étaient entre 2005 et 2010, affirme le rapport : "Quinze d’entre eux ont connu des baisses significatives, contre quatre qui ont enregistré des hausses significatives." (...)
"Crise du bonheur" chez les jeunes
Mentionné pour la première fois dans le classement de 2024, ce que les auteurs du rapport considèrent comme une "crise du bonheur des jeunes" fait de nouveau l’objet d’une attention particulière. (...)
Les réseaux sociaux causent en effet, selon le rapport, des dommages aux adolescents à une échelle suffisamment importante pour entraîner des changements au niveau de la population.
"Nous démontrons qu’il existe désormais des preuves accablantes de préjudices directs graves et généralisés (tels que le cyberharcèlement et la sextorsion), ainsi que des preuves convaincantes de préjudices indirects préoccupants (tels que la dépression). De plus, nous montrons que les préjudices et les risques pour les utilisateurs individuels sont si divers et d’une telle ampleur qu’ils justifient l’idée selon laquelle les réseaux sociaux causent des préjudices à l’échelle de la population."
– World Happiness Report 2026
Interrogés, des enseignants, parents et chefs d’établissement constatent, eux aussi, des effets néfastes sur l’éducation et la santé mentale des jeunes. (...)
Dans un communiqué accompagnant la publication du rapport, Jan-Emmanuel De Neve nuance cependant : "Une utilisation intensive est associée à un bien-être nettement inférieur, mais ceux qui s’en déconnectent volontairement semblent également passer à côté de certains effets positifs."