Après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, le ministre de l’Enseignement supérieur a envoyé une circulaire aux préfets et aux recteurs.
Les universités vont-elles devoir renoncer à inviter des personnalités politiques ? Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Philippe Baptiste annonce ce mardi avoir envoyé une circulaire aux préfets et aux recteurs pour leur demander d’interdire ce qu’il considère être des « meetings politiques » quand des risques de trouble à l’ordre public sont avérés.
Des élus se rendent régulièrement dans les facs à l’invitation d’étudiants pour répondre à leurs questions, participant ainsi au débat démocratique. Cette pratique est très courante, notamment à l’approche d’échéances électorales. (...)
Un débat lancinant
En réalité, le gouvernement n’est pas en mesure d’interdire une conférence puisque ce n’est pas de son ressort. La décision est entre les mains des seuls présidents d’université, qui peuvent prendre attache avec la préfecture pour s’assurer des conditions de sécurité autour de l’événement.
Ce n’est pas la première fois que ce débat agite la sphère politique. En 2024, Sciences Po Paris avait décidé d’interdire la venue de Rima Hassan (déjà), alors en pleine campagne pour les élections européennes. Cette décision avait été contestée devant le tribunal administratif qui avait ordonné à Science Po de laisser cette conférence se tenir. Pour l’avocat de Rima Hassan, le choix de l’établissement était « extrêmement préoccupant ». Au même moment, l’université de Lille avait voulu empêcher Jean-Luc Mélenchon de venir s’adresser aux étudiants, alors que celle de Toulouse avait pris la décision inverse. Bref, beaucoup de cas par cas. En l’état, difficile d’imaginer que toutes les conférences politiques seront purement et simplement interdites.