L’enquête initiale d’Euro-Med Monitor ne trouve aucune preuve de présence militaire sur le site du massacre de l’école de Tab’een à Gaza.
Les premières investigations menées par l’Observatoire Euro-Med des droits de l’homme n’ont trouvé aucune preuve ou indication d’opérations militaires ou de combattants à l’école Tab’een de la ville de Gaza, dont la salle de prière a été prise pour cible par Israël lors d’un terrible massacre qui a coûté la vie à plus d’une centaine de Palestiniens.
Bien au contraire, il s’est avéré qu’il s’agissait d’une série de bâtiments étroits, avec des sections ouvertes les unes sur les autres et dépourvues de tout équipement, où des dizaines de familles palestiniennes s’étaient réfugiées après avoir été déplacées de force de leurs maisons, dont certaines ont depuis été complètement effacées du registre d’état civil.
L’équipe juridique et de terrain d’Euro-Med Monitor a mené une enquête préliminaire à l’école Tab’een, qui fournissait un abri à plus de 2 500 personnes déplacées dans la ville de Gaza.
L’équipe a recueilli des données, enregistré les déclarations des témoins et des survivants, et inspecté les lieux après l’attaque. D’après toutes les informations et témoignages disponibles, l’école n’a jamais servi de centre ou de rassemblement militaire et n’a jamais été utilisée à des fins militaires.
Les survivants ont déclaré que l’école abritait des centaines d’enfants dont les familles s’y sentaient en sécurité. (...)
L’école était utilisée comme abri d’urgence pour les civils fuyant les zones détruites, et non pour des activités ou des équipements militaires, selon les témoignages recueillis auprès des civils déplacés sur place.
Par conséquent, l’attaque contre l’école était injustifiée et constituait une violation flagrante du droit humanitaire international.
Les bombardements israéliens ont spécifiquement visé la salle de prière où les personnes déplacées priaient à l’aube, ainsi que la salle de prière supérieure utilisée pour héberger les femmes et les enfants.
Les rapports préliminaires indiquent que l’armée israélienne a fait exploser trois bombes de fabrication américaine lors de l’attaque, qui avaient une énorme capacité à brûler, fondre et détruire les corps. En conséquence, plus de 100 Palestiniens ont été tués, dont plusieurs familles et d’éminentes personnalités des universités de Gaza, parmi lesquelles le professeur Youssef Al-Kahlout, professeur de langue arabe.
En raison de l’immense puissance destructrice des bombes, les corps des victimes ont été réduits à l’état de morceaux déchiquetés et de parties brûlées, et de nombreuses blessures graves ont été constatées.
Certaines des bombes utilisées contre l’école bondée de personnes déplacées pesaient plus de deux tonnes, selon la défense civile palestinienne à Gaza.
La défense du massacre par l’armée israélienne, au motif qu’elle visait un site militaire, n’est pas fondée et, en tout état de cause, ne peut justifier le meurtre d’un si grand nombre de civils (...)
Selon le statut de Rome de la Cour pénale internationale, toute violation de ces règles du droit international humanitaire est considérée comme un crime de guerre. L’attaque contre l’école de Tab’een est une violation flagrante de ces règles et n’est qu’une des attaques militaires qu’Israël a menées contre des civils directement et sans discrimination, ce qui est une composante essentielle du crime de génocide qu’Israël a commis dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre. ***
Témoignages (...)
L’armée israélienne prend de plus en plus souvent pour cible les écoles qui abritent les populations déplacées de force dans la ville de Gaza, tuant et blessant des centaines de civils.
Elle a également ordonné le déplacement forcé illégal de Gaza du nord au sud, dans un effort systématique pour déraciner le peuple palestinien de ses maisons et de ses lieux de refuge, le privant ainsi de toute stabilité. L’objectif ultime est de vider la ville de Gaza, d’éliminer le plus grand nombre possible de ses élites et de rendre la ville inhabitable, indépendamment de toute nécessité militaire.
L’armée israélienne détruit délibérément les centres d’hébergement restants pour priver les Palestiniens du peu d’endroits où ils peuvent encore se réfugier après la destruction systématique et généralisée des maisons et des abris, y compris des écoles et des installations publiques, au cours des dix derniers mois.
En continuant à bombarder l’ensemble de la bande de Gaza et en ciblant les abris, tels que ceux abrités dans les écoles de l’UNRWA, la stratégie de bombardement israélienne indique clairement l’intention de détruire la vie des Palestiniens et de les priver de sécurité et de stabilité, même si ce n’est que temporairement. (...)
Dans le cadre de leurs obligations juridiques internationales visant à garantir que les auteurs de crimes internationaux soient tenus pour responsables, jugés et empêchés de rester impunis, ainsi qu’à les arrêter et à les poursuivre conformément aux lois nationales et internationales applicables, toutes les nations sont tenues d’ouvrir des enquêtes et des procès pénaux devant leurs tribunaux nationaux. Cette exigence repose sur la compétence universelle.