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Sciences et Avenir
Le changement climatique produit des ouragans d’une catégorie qui n’existe pas
#réchauffementclimatique #ouragans
Article mis en ligne le 11 février 2024
dernière modification le 10 février 2024

L’échelle de Saffir-Simpson, utilisée pour catégoriser les dommages causés selon l’intensité du vent des ouragans, est employée depuis le début des années 70. Dotée de seulement cinq catégories, elle semble aujourd’hui obsolète face aux catastrophes climatiques renforcées par le changement climatique.

Michael Wehner et James Kossin, respectivement chercheurs au laboratoire national Lawrence Berkeley et à l’Université Wisconsin-Madison, alertent dans une étude publiée dans la revue PNAS, sur ce décalage. "Le réchauffement climatique augmente l’énergie thermique sensible et latente disponible, accroissant ainsi l’intensité potentielle thermodynamique des vents des cyclones tropicaux", préviennent-ils dans leur étude. Concrètement, les ouragans sont de plus en plus destructeurs.

L’échelle de Saffir-Simpson reste très utilisée pour alerter le public sur les potentiels dégâts à venir causés par les vents. Pourtant, son intérêt est déjà limité. En effet, les autres dangers apportés par les ouragans, comme par exemple les précipitations, sont évalués par d’autres outils.

Elle présente, en outre, une importante lacune. La catégorie 5 de l’échelle de Saffir-Simpson comprend les vents ayant des vitesses de 70 mètres par seconde... ou plus. Là s’arrête la catégorisation. Le danger peut être bien supérieur à celui engendré par un ouragan de catégorie 5 - "le potentiel destructeur du vent augmente de façon exponentielle", rappelle l’étude - le public ne le saura pas. Une sous-estimation dangereuse dans un monde bouleversé par le changement climatique. C’est pour alerter sur ce problème que les chercheurs ont développé l’idée d’une sixième catégorie.

Plusieurs ouragans auraient déjà pu être placés dans cette catégorie 6 (...)

"Notre intention est de sensibiliser le public au fait que le changement climatique rend les pires tempêtes plus intenses, explique auprès de Sciences et Avenir Michael Wehner. Nous ne pensons pas que l’ajout d’une catégorie aidera à informer sur le risque d’une tempête imminente. Comme la plupart des dégâts proviennent d’inondations et que l’échelle des vents ne prend pas directement en compte ce problème, nous ne pensons pas qu’un seul numéro soit très utile pour avertir le public s’il se trouve sur la trajectoire d’un ouragan. Mais cela sert à montrer que le changement climatique rend les ouragans puissants encore plus dangereux". Une opération de communication simple et efficace.