
La guerre que mène le monde dit libre au peuple palestinien à travers son dominion sioniste – l’État d’Israël – ne tient, dans la pensée mais aussi, par conséquent, dans ses actes abominables (massacres de masse depuis 1947, politique génocidaire en ce moment contre les habitants de la bande de Gaza), que par la mise en avant du nom « Juif ».
(...) Le chantage à l’antisémitisme pour criminaliser le mouvement propalestinien assassine une deuxième fois la judéité révolutionnaire.
C’est parce qu’à ses yeux, Hitler a mis fin au « problème juif » que toute l’extrême-droite n’a que la stigmatisation « Antisémite ! » à la bouche dès lors que l’on défend le combat légitime du peuple palestinien. (...)
C’est précisément au nom de la défense de l’Occident, de la blanchité impérialiste, que l’extrême-droite soutient Israël et « les Juifs ». De son point de vue, qu’a-t-elle à craindre ? La révolution ? La remise en cause de l’impérialisme, du colonialisme ou, plus généralement, du suprématisme blanc ? Hélas non. Ses rêves les plus fous ont été exaucés via le sionisme et Israël : les Arabes et les musulmans, cousins des Juifs comme nous le rappelle l’Inquisition espagnole, sont spoliés en Palestine et les milieux juifs les plus sionistes votent massivement Zemmour bien que celui-ci absolve Pétain et remette en cause l’innocence d’Alfred Dreyfus. (...)
Dans la situation qui nous occupe, on le voit bien, le nom « Juif » n’a comme effet que de paralyser toute dénonciation de l’infamie que l’Occident inflige à la Palestine.
« Les Juifs » comme « Les Musulmans » comme « Les Indiens d’Amérique », cela n’existe pas. (...)
Au moment où l’Occident libéral justifie et encourage la politique israélienne de liquidation du peuple palestinien, son usage du nom « Juif » sonne comme la deuxième mort d’un monde dont la disparition sans retour nous laisse pour toujours inconsolables.