Le chef de la police iranienne a lancé lundi 19 janvier un ultimatum de trois jours aux personnes impliquées dans ce qu’il a qualifié « d’émeutes » pour se livrer aux autorités, après l’écrasement d’un vaste mouvement de contestation.
« Les jeunes qui se sont retrouvés involontairement impliqués dans les émeutes sont considérés comme des personnes trompées, et non comme des soldats ennemis », a affirmé le chef de la police, Ahmad-Reza Radan sur la télévision d’État.
Il a donné aux intéressés « au maximum trois jours » pour se livrer, leur assurant qu’ils seraient alors traités avec « plus de clémence ».
Les chefs des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire du pays ont pour leur part affirmé qu’ils « punir[aient] de manière décisive » les instigateurs des « incidents terroristes », dans un communiqué commun publié par la télévision d’État.
Environ 20 000 arrestations selon les groupes de défense des droits (...)
L’accès à internet devrait « progressivement » revenir à la normale cette semaine, ont annoncé lundi les autorités, après un bref rétablissement limité de l’accès dimanche.
Au moins 3 428 manifestants ont été tués, selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), dont les chiffres sont cités par l’ONU, mais d’autres estimations font selon elle état de plus de 5 000 morts, voire jusqu’à 20 000. (...)
Le porte-parole de la justice iranienne, Asghar Jahangir, a réaffirmé dimanche que des procès rapides seraient organisés pour les mis en cause. Il a averti que certains actes s’apparentaient au crime de « guerre contre Dieu », passible de la peine de mort, appliquée généralement par pendaison.
L’inquiétude grandit quant au risque d’exécutions de contestataires, dans un pays où 1 500 personnes auraient été exécutées en 2025 (...)
Le président Masoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei se sont par ailleurs engagés dans leur communiqué commun à travailler « sans relâche » pour « résoudre les problèmes économiques et liés aux moyens de subsistance ». (...)
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Dans un contexte de black-out médiatique qui peine à prendre fin, la répression menée par le régime iranien semble contenir les manifestations qui se sont intensifiées ces dernières semaines. Reportage à Kapiköy, à la frontière turco-iranienne, où des témoins décrivent les violences perpétrées contre les manifestants et la frustration croissante de la population. (...)
« Ils ont tué tellement de gens, le régime doit tomber »
Des groupes de policiers armés, de membres des Bassidj (une milice paramilitaire) et des Gardiens de la révolution ont chargé les manifestants à travers le pays. « Les policiers ont attaqué les gens avec des armes à feu et des couteaux, arrêtant et tuant tous ceux qu’ils pouvaient », explique Ali, qui a participé aux manifestations dans une ville de la périphérie de la capitale. (...)
Tous s’accordent à dire que le régime a perdu toute légitimité. « Ils ont tué tellement de gens, le régime doit tomber », affirme Zeynab, qui craint toutefois qu’aucune solution ne se profile à l’horizon : « Le monde nous a abandonnés. »