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France24/AFP
Laits infantiles contaminés : cinq enquêtes ouvertes à Paris, notamment pour mise en danger
#industrieAgroAlimentaire #laitscontaminés #Etat #industriels
Article mis en ligne le 16 février 2026

Cinq enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Paris concernant des laits infantiles contaminés distribués par Nestlé, Lactalis, Danone, Babybio et La Marque en moins, notamment pour mise en danger de la vie d’autrui.

"Le parquet de Paris a décidé de sa saisine en raison de la multiplicité des plaintes sur le territoire, et de la technicité des investigations sur les aspects réglementaires et sanitaires", a expliqué la procureure de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué.

Ce parquet a aussi reçu "une plainte déposée par l’association Foodwatch ainsi que huit personnes physiques, dont les familles ont constaté des vomissements à la suite de la consommation de laits infantiles", a-t-elle expliqué.

Les cinq enquêtes ont été ouvertes le 30 janvier par le pôle santé publique du parquet de Paris, pour mise en danger de la vie d’autrui par violation d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence, tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme ou encore inexécution de procédure de retrait ou rappel d’un produit préjudiciable à la santé.

Ces enquêtes ont été confiées à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) et à la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP).

"En finir avec l’impunité"

D’autres enquêtes se poursuivent par ailleurs sous la direction de parquets locaux notamment à Angers, Bordeaux et Blois "s’agissant de nourrissons décédés ou ayant présenté des troubles de santé, afin de déterminer si un lien de causalité avec la consommation de lait contaminé est établi", a ajouté Mme Beccuau.

L’Association pour la santé des enfants (APS-Enfants), qui a annoncé vendredi avoir déposé "trois plaintes pénales contre X auprès des parquets de Paris, Bordeaux et Angers", s’est félicitée de l’ouverture de plusieurs enquêtes par le parquet parisien, appelant "à en finir avec l’impunité des industriels". (...)

"Le choix d’un laboratoire étranger confirme de facto que les capacités analytiques disponibles en France ne permettaient pas, jusqu’ici, de répondre avec la célérité requise pour gérer une crise touchant des bébés", a regretté le collectif Intox’Alim, qui rassemble une vingtaine de familles ayant porté plainte cette semaine contre l’Etat et les entreprises concernées.

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 (Altermidi, 12 février 2026)
Industrie agroalimentaire : Bébés empoisonnés : l’État du côté des industriels

Dans le scandale des laits infantiles contaminés à la toxine céréulide, l’État ne protège pas les familles mais s’aligne sur les industriels. Malgré des nourrissons hospitalisés et deux décès, les autorités renvoient les parents vers Nestlé pour analyser les produits incriminés, acceptant l’opacité et le risque de récidive.

Vingt-quatre familles attaquent aujourd’hui l’État et les industriels pour mise en danger délibérée. Une démarche rare, lourde, et révélatrice d’un dysfonctionnement profond : même face à un empoisonnement involontaire de bébés, les pouvoirs publics ne produisent pas la vérité sanitaire. L’enquête de la cellule d’investigation de Radio France montre qu’à peine deux poudres de lait ont fait l’objet d’analyses officielles, alors que de nombreux nourrissons ont présenté des symptômes graves après avoir consommé des laits Guigoz rappelés. (...)

les analyses sont « priorisées », confiées aux exploitants eux-mêmes, tandis que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), seul laboratoire public capable de détecter la toxine céréulide, manque de moyens. Une situation en contradiction avec la réglementation, qui prévoit des enquêtes indépendantes menées par les services de l’État. (...)