Dans le scandale des laits infantiles contaminés à la toxine céréulide, l’État ne protège pas les familles mais s’aligne sur les industriels. Malgré des nourrissons hospitalisés et deux décès, les autorités renvoient les parents vers Nestlé pour analyser les produits incriminés, acceptant l’opacité et le risque de récidive.
Vingt-quatre familles attaquent aujourd’hui l’État et les industriels pour mise en danger délibérée. Une démarche rare, lourde, et révélatrice d’un dysfonctionnement profond : même face à un empoisonnement involontaire de bébés, les pouvoirs publics ne produisent pas la vérité sanitaire. L’enquête de la cellule d’investigation de Radio France montre qu’à peine deux poudres de lait ont fait l’objet d’analyses officielles, alors que de nombreux nourrissons ont présenté des symptômes graves après avoir consommé des laits Guigoz rappelés. (...)
les analyses sont « priorisées », confiées aux exploitants eux-mêmes, tandis que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), seul laboratoire public capable de détecter la toxine céréulide, manque de moyens. Une situation en contradiction avec la réglementation, qui prévoit des enquêtes indépendantes menées par les services de l’État. (...)