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Marie-Claude Saliceti
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Entretien avec Mohamed Ali Zerouali, représentant du Front Polisario : « Les peuples en lutte finissent par obtenir reconnaissance et justice »
#RASD #SaharaOccidental #Maroc #Algerie #FrontPolisario #ONU
Article mis en ligne le 10 mai 2026
dernière modification le 5 mai 2026

Le peuple sahraoui a célébré, les 8 et 9 avril, le 50e anniversaire de sa République arabe sahraouie démocratique (RASD), à Ausserd, dans les camps de réfugié.es du désert algérien. Nous avons rencontré Mohamed Ali Zerouali, 67 ans, représentant du Front Polisario en France depuis trois ans1.

Que signifie le 50e anniversaire de la RASD pour votre organisation et le peuple sahraoui ? Cette célébration revêt-elle une signification particulière cette année ?

Le 50e anniversaire de la République Arabe Sahraouie Démocratique représente un moment historique et profondément symbolique pour notre peuple. La RASD a été proclamée le 27 février 1976, dans des conditions extrêmement difficiles, au lendemain du retrait de l’Espagne et face à l’invasion marocaine et mauritanienne.

Cette proclamation signifiait une chose essentielle : malgré l’occupation, le peuple sahraoui refusait de disparaître politiquement et affirmait son droit à l’existence, à la souveraineté et à l’autodétermination. Cinquante ans plus tard, malgré l’exil, la guerre, la répression et les tentatives d’effacement de notre identité nationale, le peuple Sahraoui est toujours là. Il continue de résister et de défendre son droit reconnu par le droit international.
Cette année revêt une signification particulière, car elle intervient dans un contexte de grande tension régionale et internationale. Elle rappelle surtout que le conflit du Sahara occidental n’est pas réglé et que la question de la décolonisation reste ouverte. Pour nous, ce cinquantième anniversaire est à la fois un hommage aux générations de combattants et un message adressé à la communauté internationale : le peuple sahraoui ne renoncera jamais à ses droits et la RASD est une réalité irréversible.

Des délégations internationales ont fait le voyage à Ausserd, dans les camps de réfugié.es. On a pu remarquer la présence de nombreux syndicalistes, notamment une dirigeante du syndicat kanak « Union syndicale des travailleurs Kanak et des exploités » (USTKE). En quoi ces soutiens sont-ils importants pour les Sahraoui.es ?

Ces soutiens sont extrêmement importants, moralement, politiquement et humainement. D’abord, parce qu’ils brisent l’isolement que le Maroc tente d’imposer au peuple sahraoui. Lorsque des délégations internationales, des syndicalistes, des élus, des militants des droits humains ou des représentants de peuples encore engagés dans des combats de décolonisation viennent dans les camps de réfugiés, ils témoignent d’une réalité que beaucoup veulent invisibiliser. (...)

Quel est le sort des prisonniers politiques sahraouis ? Leur vie est-elle en danger ? Avez-vous une idée du nombre de disparitions forcées et de fosses communes ?

La situation des prisonniers politiques sahraouis est extrêmement préoccupante. Beaucoup dénoncent des conditions de détention difficiles : éloignement des familles, mauvais traitements, privation de soins médicaux, isolement et transferts arbitraires vers des prisons situées loin du Sahara occidental. Certaines organisations internationales ont exprimé des inquiétudes concernant les conditions de détention et les garanties de procès équitables.

Oui, nous estimons que la santé et, parfois même, la vie de certains prisonniers peuvent être en danger, notamment lorsque des détenus souffrent de maladies graves. Le dossier des disparitions forcées au Sahara occidental reste l’un des chapitres les plus douloureux et les plus insuffisamment élucidés du conflit. (...)

Notre position reste constante : nous demandons simplement que le droit international soit appliqué, que les Sahraouis puissent s’exprimer librement à travers un référendum d’autodétermination, et que la réalité de ce conflit soit traitée avec impartialité et honnêteté. (...)

Malgré les blocages actuels, nous continuons à croire que le travail diplomatique, juridique et médiatique finira par produire des résultats. L’histoire montre que les peuples qui luttent pour leurs droits finissent toujours par obtenir reconnaissance et justice.

(...)

Mohamed Ali Zerouali sera présent à Toulouse, le 9 mai, dans le cadre de la journée de solidarité pour la libération du Sahara occidental. (...)