Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, les organisations de défense des droits humains alertent sur le sort de milliers d’enfants ukrainiens déplacés depuis les territoires occupés par Moscou. Plusieurs rapports dénoncent des programmes de rééducation idéologique et de militarisation organisés en Russie, mais aussi dans certains pays alliés, comme la Corée du Nord. Le président Vladimir Poutine et sa commissaire aux Droits de l’enfant sont d’ailleurs poursuivis pour ce crime par la Cour pénale internationale (CPI).
Selon un rapport publié en 2025 par le Centre régional pour les droits humains, basé en Ukraine, Micha, un garçon de 12 ans, et Liza, une adolescente de 16 ans originaires de territoires occupés, ont séjourné dans le camp international pour enfants de Songdowon, en Corée du Nord. D’après ce document, les deux mineurs auraient reçu des enseignements les incitant à « détruire » les militaristes japonais. Ils auraient également rencontré des vétérans nord-coréens ayant participé à l’attaque d’un navire de la marine américaine en 1968, une opération au cours de laquelle neuf soldats américains avaient été tués ou blessés.
Le camp international pour enfants de Songdowon a été créé afin de promouvoir le système politique nord-coréen auprès de jeunes étrangers. L’agence de presse officielle KCNA le présente comme « une base sacrée pour l’éducation et l’épanouissement des enfants ». (...)
Plus de 20 000 enfants déportés ou déplacés de force, dit Kiev
Face à ces accusations, la Grande-Bretagne a imposé le 11 mai 2026 des sanctions contre le camp de Songdowon. Le ministère britannique des Affaires étrangères accuse cette structure de « participer » au programme russe de « déportation forcée et de rééducation d’enfants ukrainiens ». Londres accuse également le camp de soutenir « des politiques ou actions qui sapent ou menacent l’intégrité territoriale, la souveraineté ou l’indépendance de l’Ukraine ».
Ces transferts forcés d’enfants « constituent l’un des pires crimes » et visent à « effacer la future génération de l’Ukraine », a dénoncé la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.. (...)
Pyongyang affirme que ces sanctions constituent des manœuvres « visant à diaboliser la Russie » et représentent « une insulte intolérable » à l’encontre du régime nord-coréen.
Depuis le début de la guerre en 2022, 2 318 enfants ukrainiens ont été portés disparus, 20 570 ont été déportés ou déplacés de force et 704 ont été tués, selon les chiffres communiqués par le gouvernement ukrainien.