Donald Trump arrive mercredi 13 mai à Pékin pour une visite de deux jours au cours de laquelle il rencontrera son homologue chinois, Xi Jinping. Le sommet intervient dans un contexte de rivalité intense entre les deux premières puissances mondiales, avec des enjeux allant du Moyen-Orient à Taïwan et à l’intelligence artificielle. Selon Emmanuel Véron, enseignant-chercheur associé à l’Inalco et à l’École navale, spécialiste de la Chine contemporaine et des relations internationales, Pékin « travaille à reconfigurer les routes mondiales ».
Tous les regards se tournent aujourd’hui vers Pékin. Parmi les grands dossiers qui seront abordés lors de ce sommet figure la question de Taïwan, sujet hautement sensible et incontournable pour Pékin et qui est au cœur de ses « intérêts fondamentaux ». La Chine a d’ailleurs réaffirmé mardi son opposition à toute vente américaine d’armes à Taïwan.
Emmanuel Véron : Oui, il y a une volonté du régime de Pékin de vouloir s’immiscer dans la relation entre Taïwan et les États-Unis et de chercher à remettre en question la fiabilité de l’allié américain ou de ses garanties de sécurité à Taïwan, à savoir dans ses livraisons annuelles d’équipement militaire, dans la formation ou les échanges au niveau stratégique et militaire.
Donc, il y a vraiment une volonté chinoise de vouloir rebattre les cartes de manière assez périphérique et marginale, pas complètement frontale pour dire « oui, nous sommes des puissances responsables et finalement la situation de Taïwan est absolument un sujet intérieur, de politique intérieure ».
Donc s’immiscer dans l’agenda précisément diplomatique et militaire et stratégique de Washington vis-à-vis de Taïwan. (...)
Au menu des discussions entre Xi Jinping et Donald Trump on retrouvera aussi l’intelligence artificielle (IA). En quoi ce sujet représente-t-il un défi pour les deux grandes puissances ?
L’IA est une avancée technologique qui est présente partout et qui est encore dans des logiques de balbutiement au regard des projections de développement aussi bien aux États-Unis qu’en Chine (...)
Une compétition à l’IA existe bel et bien puisque finalement celui qui maîtrisera demain l’IA et le calcul quantique et les communications quantiques, maîtrisera le monde.
Et on voit bien qu’il y a une forte volonté aussi bien à Washington qu’à Pékin de peser à tout prix dans cette compétition. (...)