Au 25ᵉ jour de la guerre au Moyen-Orient, les attaques se poursuivent dans la région. Le chef de l’Agence internationale de l’Énergie met en garde le monde contre la pire crise de l’énergie depuis des décennies. L’Iran a menacé ce dimanche 22 mars de frapper des infrastructures clés de la région et de fermer entièrement le détroit d’Ormuz, répliquant immédiatement à l’ultimatum lancé par Donald Trump de rouvrir le détroit sous 48 heures. De son côté, Israël doit s’attendre à « encore plusieurs semaines de combats » contre le Hezbollah libanais et l’Iran, a prévenu le porte-parole de l’armée israélienne.
(...) « Aucun pays » n’échappera aux conséquences de la crise de l’énergie causée par la guerre au Moyen-Orient, a affirmé lundi 23 mars Fatih Birol, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), décrivant une « menace majeure » pour l’économie mondiale.
► L’Iran a menacé de frapper des infrastructures clés du Moyen-Orient et de fermer entièrement le détroit d’Ormuz si ses centrales électriques sont visées, répliquant à l’ultimatum lancé par Donald Trump. La veille, le président a menacé de détruire les infrastructures énergétiques, si l’Iran ne rouvre pas le détroit dans les 48h. Ce dimanche, Téhéran a reconnu que ses infrastructures d’eau et d’énergie avaient subi de « lourds dégâts ».
► Les États-Unis et Israël ont frappé le site nucléaire iranien de Natanz, samedi 21 mars. Ce site est situé à plus de 200 kilomètres au sud-est de Téhéran. L’AIEA a appelé à la retenue pour éviter tout risque d’accident nucléaire. De son côté, l’Iran a frappé la ville israélienne de Dimona, qui abrite un centre de recherche nucléaire. La ville d’Arad, au sud d’Israël a également été visée. (...)
En Iran, un mort dans une attaque contre un transmetteur radio à Bandar Abbas
Une personne a été tuée et une autre blessée dans l’attaque d’une antenne radio à Bandar Abbas, face au détroit d’Ormuz dans le sud de l’Iran, (...)
L’armée israélienne détecte des tirs de missiles depuis l’Iran (...)
Lire aussi :
– L’eau potable, cible stratégique de la guerre au Moyen-Orient
Le régime iranien a déclaré qu’il n’hésiterait pas à frapper les usines de désalinisation des pays du Golfe, si leurs infrastructures énergétiques venaient à être attaquées. Téhéran pourrait ainsi intensifier l’escalade et élargir ses frappes aux infrastructures civiles vitales, telles que les usines de dessalement d’eau. (...)
Les pays du Golfe dépendent en grande partie de toutes ces usines de dessalinisation pour leur consommation d’eau potable : jusqu’à 90% pour le Koweït, 86% pour Oman, 70% pour l’Arabie saoudite et 42% pour les Émirats arabes unis. En tout, elles alimentent près de 100 millions de personnes et de larges pans de l’industrie.
Surtout, ces usines sont des cibles relativement faciles à atteindre : elles sont construites en surface et ne disposent pas de capacités de défense aérienne propres, contrairement à d’autres sites sensibles. Mais si les sites de dessalement des pays du Golfe font l’objet de bombardements, une ligne rouge serait assurément franchie, estiment des experts de la région. (...)
Conséquences désastreuses
En cas d’attaque, les effets peuvent aller de perturbations ponctuelles à des conséquences beaucoup plus lourdes si la situation dure. « On va potentiellement voir des grandes villes en exode. Et puis des rationnements », imagine Esther Crauser-Delbourg, avec des effets en chaîne sur l’économie : tourisme, industrie, et centres de données, très consommateurs d’eau pour être rafraîchis.
Des garde-fous existent, tempère Philippe Bourdeaux, directeur de la zone déléguée Afrique/Moyen-Orient de l’entreprise française Veolia : les usines de désalinisation sont souvent interconnectées, ce qui peut limiter les conséquences de l’arrêt d’une seule usine, détaille-t-il. Il ajoute qu’elles ont en général plusieurs jours, de deux à sept, de consommation en réserve, de quoi contenir les pénuries tant que les pannes ne durent pas trop longtemps.
Outre les frappes, ces usines sont vulnérables aux coupures du courant qui les alimente et à d’éventuelles contaminations de l’eau de mer, notamment de marées noires, affirment plusieurs experts. (...)