Le président américain entraîne les États-Unis dans un conflit majeur sans avoir consulté le Congrès ni expliqué de façon cohérente ses objectifs, dénonce le quotidien new-yorkais de centre gauche. Si une intervention armée pourrait se justifier pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, concède le comité éditorial, Donald Trump « s’engage dans une voie téméraire » et piétine une fois de plus le droit international, accuse le New York Times.
(...) Pendant sa campagne présidentielle de 2024, Donald Trump a promis aux électeurs qu’il mettrait fin aux guerres — et qu’il n’en commencerait pas. Or au cours de l’année 2025, il a ordonné des frappes militaires dans sept pays. Manifestement, il prend de plus en plus goût aux interventions militaires.
À présent, il vient d’ordonner une nouvelle attaque contre la République islamique d’Iran, en coopération avec Israël. Selon des responsables américains, cette attaque devrait être d’une ampleur bien plus importante que les bombardements ciblés de sites nucléaires en juin. Cependant, Trump ne donne aucune explication crédible sur les raisons pour lesquelles il risque la vie des membres de nos forces armées et expose notre pays à des représailles iraniennes de grande ampleur. Il n’a par ailleurs pas consulté le Congrès, qui, selon la Constitution, est le seul pouvoir autorisé à déclarer une guerre. Et pour justifier cette opération, il a émis des arguments variables et parcellaires, notamment : il tient — par moments — à soutenir le peuple iranien, héroïque, qui proteste contre son gouvernement tyrannique, et il exige que l’Iran renonce à vouloir se doter de l’arme nucléaire. (...)
Le Congrès doit mettre des limites
Conscients de l’irresponsabilité de Trump, certains membres du Congrès ont entrepris de poser des limites à une intervention contre l’Iran. À la Chambre des représentants, Ro Khanna, élu démocrate de Californie, et Thomas Massie, élu républicain du Kentucky, ont proposé une résolution visant à empêcher Trump de commencer une guerre sans l’aval du Congrès. Cette résolution rappelle que le Congrès n’a autorisé aucune attaque contre l’Iran et exige le retrait des troupes américaines dans un délai de 60 jours. Par ailleurs, Tim Kaine, sénateur démocrate de Virginie, et Rand Paul, sénateur républicain du Kentucky, plaident en faveur d’une mesure similaire au Sénat. Le début des hostilités ne doit pas les dissuader de faire adopter ces textes. Une affirmation ferme de l’autorité du Congrès constitue la meilleure manière de poser des limites au président. (...)