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Marie-Claude Saliceti
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De Barcelone à Gaza, briser le blocus pour le futur de l’humanité
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu #flotilles
Article mis en ligne le 14 avril 2026

Dès l’arrivée à Barcelone le samedi 11 avril pour assister au départ de la Global Sumud Flottilla, on remarque que la ville-hôte des bateaux est aux couleurs de la Palestine partout, dans les rues, sur les murs, les balcons et les gens qui descendent au port, au pied des Ramblas et de la vieille ville, au moll de la Fusta où les bateaux sont amarrés.

Tout l’espace du moll est occupé, découpé entre : sur l’eau les bateaux à quai protégés pour leur sécurité par une surveillance constante jours et nuits, et à terre une grande scène qui accueillera les délégations des pays du monde entier. Pays Européens, d’Asie avec une très importante délégation de Malaisie et Indonésie, du Maghreb, d’Amérique Latine, du Canada et bien sûr de Palestine. Sur le parvis c’est un défilé de stands militants pour la Palestine, on y trouve de tout : de l’information, des livres, des pétitions, des photos, des bijoux, des vêtements aux couleurs du Boycott d’Israël et de l’histoire palestinienne. Plus loin, tout le week-end, ce sera possible de boire et de manger ; un vrai village politique, animé et vivant, d’autant que la scène sera occupée par moments de musique et de fête. Un important flot humain, dont l’ancienne maire de Barcelone Ada Colau, arpentera les quais tout au long de ces deux jours pour regarder, écouter, rencontrer, crier sa détermination, se retrouver depuis la marche sur le Caire ou bien la dernière flottille de Septembre, ou se découvrir et attendre le magnifique départ de tous les bateaux.

Entre les moments plus institués que seront les différentes conférences de presse, l’objectif était aussi de partir à la rencontre de personnes composant les équipages ou bien faisant partie de l’organisation à terre. (...)

Cette flottille répond à l’urgence politique et humanitaire face à l’escalade de la violence au Moyen-Orient et l’effondrement des mécanismes internationaux de responsabilité : c’est une stratégie mondiale de mobilisation terrestre et maritime. (...)

« À Montréal, depuis le début du génocide, nous n’avons pas cessé les marches tous les week-ends, les campements étudiants, mais maintenant il faut passer à autre chose ; dans le contexte international la Palestine disparaît des préoccupations et agir est la chose la plus normale à faire, ça n’a rien d’exceptionnel. La Palestine fait partie de mon quotidien, le bateau c’est une autre étape historique. Nous sommes 15 dans la délégation canadienne mais on est tous et toutes réparti.e.s sur différents bateaux pour que les nationalités soient mixées y compris pour équilibrer “les passeports faibles et forts” par rapport au risque d’arrestation. » (...)

Sur les quais il y a aussi des organisations politiques comme Révolution Permanente ou Urgence Palestine, (...)

« Appuyer des citoyen.ne.s qui sont les seuls à agir »

Pour la fin de la journée, au fond du port, derrière le pont qui s’ouvrira pour laisser partir les bateaux, et le centre commercial, il y a le bateau de Greenpeace où je m’invite pour rencontrer sa directrice exécutive depuis que je sais que Greenpeace et Open Arms (une ONG espagnole qui sauve des vies en mer) accompagneront la flottille jusqu’aux 200 000 marins avant les côtes de Gaza : limite fixée de fait par l’État génocidaire Israélien. (...)

Le dimanche matin une conférence de presse a eu lieu sur le port, composée de cinq femmes et cinq hommes, animée par une étudiante de la délégation catalane et entourée d’une forêt de caméras, de micros et d’appareils photos ! Une palestinienne de la délégation norvégienne raconte son histoire familiale semblable à toutes celles des familles palestiniennes de Gaza ou réfugiées à Gaza. (...)

La délégation indonésienne et malaisienne, deux pays à la plus grande population musulmane, très présente en nombre, souligne que quand la diplomatie est paralysée il reste le peuple de la terre et de la mer. (...)

Un moment historique

Thiago, Brésilien, qui était sur les autres flottilles parle d’un moment historique, d’une mission héritée de la précédente donc plus adaptée, et que d’Italie vers la Sicile puis vers Gaza la météo les rapprochera d’un port à l’autre de Gaza avec la responsabilité d’y arriver dans de bonnes conditions et de briser le blocus pour le futur de l’humanité. La météo mauvaise pour les deux jours suivants obligera les bateaux à attendre deux jours, dans un port près de Barcelone, de meilleures conditions avant de partir vers l’Italie et d’être rejointe par les autres différentes flottes un peu partout dans les différents ports de la Méditerranée. (...)

Un tas de superbes projets ont fleuri autour de la flottille, nous en retenons un : à Alktrich dans une ville d’Alsace, suite à une conférence en collège et lycée où la flottille a été présentée, les élèves ont été tellement touché.e.s qu’ils et elles ont souhaité écrire chacun.e une lettre pour les enfants de Gaza sans se rendre compte qu’il n’y avait aucun service pour les distribuer là-bas. Ils ont donc demandé à ce qu’elles soient confiées aux bateaux pour arriver, quitte à finir leur trajet dans une bouteille à la mer — 80 lettres de jeunes de 13 à 15 ans, ce sont les lettres des « enfants pour l’espoir ». Le Centre Culturel Embarqué a également distribué à chaque bateau son kit de conservation pour la mémoire et le témoignage de la flottille qu’il récupèrera avant la ligne rouge.

À 13 heures corne de brume à l’appui, les bateaux partent, larguent les amarres car le pont permettant l’accès à la mer s’ouvre, et dans ce long défilé de chacune des embarcations la foule sur les quais exulte, acclame au passage de chacun d’eux, et de l’eau à la terre on entend :

Gaza Gaza no esta sola !