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Club de Mediapart
Communiqué des étudiant.es de la HEAR de Mulhouse sur l’exposition du 29 janvier 2026
#HEARMulhouse #violencespolicieres #extremedroite
Article mis en ligne le 3 février 2026
dernière modification le 2 février 2026

La Haute École des Arts du Rhin de Mulhouse fait face depuis le 29 janvier à un déferlement médiatique d’extrême droite, au sujet d’une performance impliquant une piñata en forme de voiture de police. Face à la décontextualisation et à la déformation à des fins politiques de cette performance, nous, étudiant.es de la HEAR soutenu.es par la direction, souhaitons rétablir les faits.

Durant la semaine du 26 au 29 janvier 2026, des ateliers dirigés par des intervenant.es extérieur.es ont eu lieu. Plusieurs performances se sont déroulées lors d’une soirée de restitution ouverte au public ce jeudi 29. L’une d’entre elle - née au sein d’un atelier de recherches autour du carnaval et de la fête populaire - mettait en scène une réplique d’une voiture de police en carton suspendue faisant office de piñata. Il s’agissait donc de taper sur la réplique avec un bâton pour en faire sortir des feuilles sur lesquelles étaient imprimés des extraits et titres d’articles de presse sur des violences policières avérées sur le territoire français et à l’international. Chaque personne était invitée à lire les textes à voix haute au public. Les textes étaient constitués de faits avérés et non de propos incitant à la haine.

Cette performance a participé à ouvrir des échanges sur les violences policières et les problèmes systémiques dont elles relèvent, aucun individu n’était visé. Le travail d’artiste est de porter un regard critique sur notre environnement pour mieux le comprendre. Les écoles d’arts sont des laboratoires de recherches autant sur les questions écologiques que politiques et des espaces de liberté à préserver. Ce terreau fertile permet de nombreuses expérimentations qui doivent être défendues dans le cadre des libertés de création et d’expression.

Comme lors de tout évènement public, des élu.es sont invité.es à découvrir les travaux des étudiant.es. La performance décrite plus haut a posé question à certain.es élu.es.

Le lendemain matin, Michèle Lutz, maire de Mulhouse, a publié une vidéo tronquée et non contextualisée de la performance montrant un individu frappant la réplique sans se soucier de l’anonymat des personnes présentes. Elle accuse ainsi les étudiant.es de véhiculer des messages violents incitants à la haine de la police. Une élue du Rassemblement National, siégeant notamment au conseil municipal de la ville, republie à son tour une courte partie de la vidéo, suivie d’une prise de parole condamnant cette performance d’art contemporain. Bruno Retailleau tweete « Voilà où mène l’idéologie d’extrême gauche qui gangrène une partie de nos institutions. Honte à ceux qui banalisent la violence contre notre forces de l’ordre. »

Un communiqué de la préfecture du Haut-Rhin intitulé « Mise en scène à Haute École des Arts du Rhin : la police nationale mérite qu’on la félicite, pas qu’on la dénigre » pointe du doigt les étudiant.es en affirmant qu’iels auraient « […] lu des messages déshonorant l’action des policiers ». Sur CNEWS, il est affirmé de manière mensongère que les étudiant.es « [au dernier moment ils] ont abandonné l’idée d’incendier un véhicule de pompier ». En tant qu’étudiant.es, il n’a évidemment jamais été question d’inciter à la haine ou à la violence contre les pompiers ni les forces de l’ordre.