Depuis vingt ans, le groupe de Bernard Arnault, numéro un mondial du luxe, tisse sa toile dans le premier établissement culturel français. Au nom du mécénat, plusieurs marques de LVMH, de Louis Vuitton à Dior et Bulgari, sont autorisées à s’approprier les lieux et bénéficient de généreux privilèges. Sans résoudre le manque criant d’investissements dans la maintenance et la sécurité du musée, dont a témoigné le cambriolage retentissant du 19 octobre dernier.
30 septembre 2025. Sous les dorures et les fresques, la voix de Cate Blanchett résonne, les mannequins défilent. C’est le deuxième jour de la fashion week, et les stars sont au rendez-vous : Zendaya, Emma Stone, Léa Seydoux... Toutes réunies pour découvrir la collection printemps-été 2026 de Louis Vuitton, qui célèbre « l’art de vivre » et rappelle que « le luxe ultime réside dans le choix de s’habiller pour soi-même, afin de révéler sa personnalité la plus profonde », comme l’écrit la marque. Le défilé prend place dans un lieu unique en plein coeur du musée du Louvre : les appartements d’été d’Anne d’Autriche, fraîchement rénovés. Et c’est peut-être ça, le véritable « luxe ultime » : avoir les moyens de s’approprier le premier établissement public culturel de France.
C’est peut-être ça, le « luxe ultime » : avoir les moyens de s’approprier le premier établissement public culturel de France
Depuis 2020, pas moins de dix défilés Louis Vuitton ont pris place dans l’enceinte du musée, plus d’un tiers des shows organisés par la marque durant cette période. (...)