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l’Humanité
80 % des universités en déficit : comment l’État contraint l’enseignement supérieur et la recherche au pire
#universite #recherche
Article mis en ligne le 10 janvier 2026
dernière modification le 8 janvier 2026

Les universités et les organismes de recherche publics mettent en garde depuis des mois sur leur situation budgétaire, alors que les débats parlementaires autour du PLF 2026 s’enlisent. Leur déficit s’explique notamment par un désengagement croissant de la puissance publique. (...)

Un soutien de l’État partiel ou retardé (...)

« Dans ce contexte, les établissements votent des budgets, et certains font le choix du pire », se consterne la CGT Ferc Sup dans un communiqué du 12 décembre, à propos de la réduction de l’offre de formation et du nombre de postes d’enseignants-chercheurs. (...)

Face à cette crise, Philippe Baptiste a annoncé des assises sur le financement des universités qui doivent se tenir au mois de janvier. Elles seront menées par Gilles Roussel, président de l’université Gustave-Eiffel de Marne-la-Vallée, et Jérôme Fournel, ancien directeur de cabinet de Michel Barnier à Matignon.

De quoi inquiéter les syndicats. (...)

Pour Pablo Rauzy, maître de conférences et élu CGT Ferc Sup à l’université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis, « l’État les pousse à adopter les méthodes du privé, à les faire rentrer dans les rangs de l’austérité ».

La recherche en danger

Les assises ne concernent toutefois pas la recherche, bien que les mêmes mesures, comme la PSC, s’appliquent aussi à ce secteur. En 2023, le budget consacré à la recherche publique a atteint son niveau le plus bas depuis 1980, soit 0,74 % du PIB.

Ce taux demeure inférieur à l’engagement européen auquel l’État français a adhéré, en 2010, avec 3 % du PIB dédiés à la recherche et au développement, dont 1 % pour la recherche publique. (...)

La direction décrit une situation financière « saine il y a encore un an », s’appuyant sur un rapport de la Cour des comptes. Elle « s’est dégradée à partir de 2025 en raison de charges obligatoires non financées par l’État », même si « le CNRS pourra maintenir son activité scientifique en 2026 au niveau de 2025 ».

Un sursaut de service public

L’Académie des sciences, garante de la protection de l’esprit de la recherche, a adressé une lettre aux parlementaires, le 9 décembre, dans le contexte du projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Elle mentionne le recul de la place de la France dans la recherche et l’innovation. (...)