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Marie-Claude Saliceti
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Comment le lobby de l’IA manœuvre pour enterrer la loi Darcos, protectrice du droit d’auteur
#droitsdAuteur #loiDarcos #IA #lobbys
Article mis en ligne le 13 mai 2026
dernière modification le 12 mai 2026

Face à la mobilisation des représentants de la tech, la proposition de loi votée à l’unanimité au Sénat peine à s’imposer dans l’agenda de l’Assemblée nationale. Une résistance qui inquiète le monde de la culture et de la presse.

Depuis le 8 avril, les défenseurs du droit d’auteur sont engagés dans une course contre la montre. Après l’adoption à l’unanimité au Sénat d’une proposition de loi transpartisane pour protéger les œuvres face au moissonnage des IA, le texte peine à cheminer jusqu’à l’Assemblée nationale. Face à un lobbying intensif du milieu de la tech et un gouvernement porte-drapeau de la start-up nation, cette proposition transpartisane est laissée — pour l’instant — sur le bas-côté de la navette parlementaire.

De quoi provoquer une montée d’inquiétude dans le milieu de la culture et de la presse : le 5 mai, quatre-vingt-une organisations (dont la SACD, la Sacem, l’Alliance de la presse, la Scam…) ont appelé à « une inscription rapide » à l’ordre du jour, refusant qu’un « secteur économique se construise sur le pillage généralisé d’un autre secteur ». Une tribune signée par plus de vingt-cinq mille personnes appelle les députés à se saisir du texte pour défendre les écrivains, les scénaristes, les artistes, les journalistes, les éditeurs, les réalisateurs… Tous ceux dont le travail est protégé par un droit créé il y a près de deux cent quarante ans (...)

« Ce n’est pas une loi de régulation IA mais une loi anti-pillage. »
Agnès Evren, sénatrice LR (...)

Depuis le vote au Sénat, les représentants de la culture et de la tech se scrutent avec méfiance : le dialogue, entamé lors des consultations en juin 2025, s’est progressivement effrité. « Cela fait maintenant près de deux ans que nous essayons désespérément de conclure des accords de licence avec des sociétés spécialisées en intelligence artificielle, soupire Cécile Rap-Veber, présidente de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique). Or, soit nous n’avons reçu aucune réponse, soit on nous a expliqué que nos œuvres n’avaient pas été utilisées, alors que des indices forts prouvent le contraire ! » (...)

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