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Commémoration des 80 ans de la libération du camp d’internement des Nomades de Rennes
#Rennes #nomades #commemoration
Article mis en ligne le 28 novembre 2025
dernière modification le 26 novembre 2025

Il fait doux ce matin, et c’est tant mieux. Il aurait été triste qu’une pluie d’automne vienne perturber cette journée particulière. En effet, aujourd’hui, 12 novembre 2025, l’Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens (ANGVC) et l’Association des Gens du Voyage d’Ille-et-Vilaine (AGV35) commémorent le 80e anniversaire de la libération du camp des nomades de Rennes. Car oui, à quelques pas seulement de l’actuelle piscine de Bréquigny, s’élevait autrefois un camp d’internement. Avec barbelés et gardiens armés. Mais reprenons depuis le début.

RAPPEL HISTORIQUE

Sous la Troisième République, les populations dites nomades, associées à tort à l’errance et à la criminalité, sont de plus en plus surveillées, stigmatisées, discriminées puis peu à peu, entravées dans leur liberté de circulation. Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, les restrictions se transforment en interdiction. Les assignations à résidence sont décrétées en avril 1940 bien avant l’occupation allemande. Quelques mois plus tard, répondant aux ordres nazis, Vichy organise leur internement. Entre 1940 et 1946, plus de 6 500 hommes, femmes et enfants seront ainsi interné·es en France dans une trentaine de camps. Celui de Rennes ouvre en novembre 1940. La vie à l’intérieur est des plus précaires : hygiène déplorable, nourriture et soins insuffisant·es, logement insalubre, oisiveté forcée… Il ne fermera ses portes qu’en décembre 1944, soit six mois après la libération de la ville de Rennes.

L’existence de ce « camp de la honte » a longtemps été oubliée, ignorée. Ce n’est que dans le milieu des années 1980, grâce aux précieuses recherches dans le cadre son mémoire universitaire, qu’Arlette Dolo, commence à en reparler. Aujourd’hui, il ne reste de visible qu’une plaque discrète(1), rue des Frères Louis et René Moine, inaugurée en 2013 en présence du maire Daniel Delaveau. (....)