L’intensité probablement historique de la phase El Niño 2026 en cours fait maintenant l’unanimité : tous les organismes scientifiques sont d’accord sur le fait que le phénomène sera soit « très fort », soit « extrême ». Un El Niño classique est désormais exclu.
Les trois organismes de référence pour l’étude du phénomène El Niño (...) envisagent un phénomène hors-norme entre l’été et l’hiver 2026. ECMWF estime même qu’il y a 100 % de chances de connaître un super El Niño en 2026.
Cet El Niño 2026 ne sera pas juste exceptionnel, il sera peut-être le plus fort jamais enregistré depuis le début des relevés météo, soit 1850. . (...)
« une onde de Kelvin [onde océanique à la forme caractéristique, ndlr] a gagné en intensité ces dernières semaines. Cette vague de chaleur profonde devrait remonter à la surface » prochainement, « déclenchant une réorganisation des régimes météorologiques mondiaux, à commencer par les tropiques ». (...)
Un super El Niño se produit lorsque la température de l’eau du Pacifique équatorial atteint ou dépasse les +2 °C d’anomalie. Cela se produit en moyenne une fois par décenni (...)
Et chaque nouveau résultat des modèles donne à chaque fois une intensité encore plus forte, (...)
La phase El Niño la plus extrême jamais enregistrée, celle de 1877-1878, « aurait provoqué des sécheresses sans précédent, contribuant à déclencher des famines catastrophiques et causant probablement la mort de plus de 50 millions de personnes à travers le monde », selon AIP (American Institute of Physics advances). (...)
Depuis 1878, les temps ont changé : les alertes météo permettent de diminuer le nombre de victimes de catastrophes naturelles chaque année, et les prévisions à long terme permettent aussi de se préparer à affronter les conséquences d’El Niño. Un scénario aussi dramatique que celui survenu il y a 148 ans n’est donc plus envisageable, mais pour autant, si un El Niño aussi historique se confirme en 2026, le monde affrontera des bouleversements au niveau de sa météo, de son agriculture et de son économie pendant une à deux années.
crédit image : NOAA, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons