Les producteurs de plastique ont payé une grande campagne publicitaire pour défendre leur produit, en dépit de ses dégâts. La panique d’une industrie qui voit le changement arriver, analyse Marine Bonavita, de Zero Waste France.
Cette grande campagne de communication intitulée « Too much ? » (« C’est trop ? ») a été lancée le 12 janvier par Polyvia, principal syndicat professionnel de l’industrie française de la plasturgie.
Objectif : aller « au-delà des idées reçues » sur ce matériau roi de l’emballage et du suremballage. « Un yaourt dans un pot en poils ? », « Une barquette en glaçon ? », « Un jerrican en papier mâché ? »… « Too much ! » assène la pub.
Par l’humour absurde, Polyvia veut s’adresser directement aux consommatrices et consommateurs (...)
Ces affiches n’ont pas manqué de déclencher une levée de boucliers de la part des pourfendeurs des emballages plastiques jetables, qui accusent la plasturgie de tourner en dérision le vrac et le réemploi.
Même le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a estimé dans le journal Le Monde que « cette campagne est inappropriée face au défi plastique qui reste devant nous » et « entretient une confusion entre les plastiques à usage unique, qui posent un problème avéré, et les autres usages encadrés ». (...)
On constate à travers les sondages que les gens sont pour le retour de la consigne, qu’ils sont pour le vrac. Ils ne veulent pas crouler sous les emballages.
C’est presque un peu triste que les industriels en arrivent là pour essayer de se faire entendre. Je ne connais pas le coût de cette campagne, mais elle va quand même s’étaler sur un an. (...)
Quand les citoyens commencent à comprendre le problème sous-jacent à une industrie — que ce soit pour le tabac ou le pétrole, par exemple —, celle-ci se met à financer des études. Or, si l’étude n’est pas indépendante, forcément, les résultats sont biaisés.
Ici, les industriels comparent l’analyse du cycle de vie (ACV) du plastique avec celle du verre. Aujourd’hui, aucune ACV ne prend en compte tous les critères, tels que l’impact sur la biodiversité, sur l’eau, sur la santé.
Effectivement, si l’on ne regarde que l’impact carbone, le verre coûte beaucoup plus en énergie et en eau lors de sa fabrication. Mais le verre n’a jamais été un matériau conçu pour de l’usage unique ! C’est une aberration qu’on utilise du verre pour de l’usage unique. Là, on est d’accord. (...)
Malheureusement, on est obligé d’acter que les scandales sanitaires imposent des changements économiques. Est-ce qu’on veut garder des industries qui polluent l’environnement et la santé ? Je pense que si on donne vraiment le choix aux citoyens, ils ne choisiraient pas cette option. (...)