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Marie-Claude Saliceti
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« C’est une chasse aux sorcières » : la droite européenne veut réduire au silence les ONG
#UE #ONG
Article mis en ligne le 10 avril 2026

Sucrer des subventions aux ONG environnementales, tel est l’objectif de la droite et de l’extrême droite européennes. Derrière cette attaque, c’est la place de la société civile dans le débat public européen qui est visée.

(...)

Un faux scandale monté de toutes pièces

Les hostilités ont été lancées en janvier 2025 par le Parti populaire européen (PPE, de centre droit et premier groupe parlementaire) et le groupe des conservateurs et réformistes (ECR). Les deux groupes s’en sont violemment pris au programme Life, via lequel l’Union européenne accorde chaque année des subventions de fonctionnement (les « Operating Grants ») à une trentaine d’organisations environnementales — dont WWF, Birdlife, Friends of the Earth (Les Amis de la Terre), Surfrider, Slow Food et Seas At Risk. (...)

« Ces subventions permettent aux ONG d’avoir la colonne vertébrale couverte pour mener des combats de longue haleine », résume Matilda Flemming, directrice de Friends of the Earth Europe.

À travers ces fonds, la Commission est pourtant accusée de financer des ONG afin qu’elles fassent du lobbying en son nom. L’examen conduit par Politico Europe n’a pourtant trouvé aucune trace d’une telle pratique.
Une chasse aux sorcières

Ces attaques ont conduit à la création d’un groupe de travail de surveillance dédié aux financements des ONG, imposé par une majorité droite-extrême droite [2] au sein du Parlement européen, et placé sous l’autorité de la commission du contrôle budgétaire.

Les écologistes, les socialistes et la gauche ont boycotté cette instance. « Pour eux, c’était une chasse aux sorcières », explique Faustine Bas-Defossez, directrice nature, santé et environnement au Bureau européen de l’environnement (EEB).

« Leur agenda, c’est que la société civile ne puisse plus peser dans la prise de décision » (...)

Pour Faustine Bas-Defossez, les attaques constituent « un retour de bâton » contre l’efficacité des ONG environnementales dans la construction du Green Deal. « Ceux qui sont derrière [ces attaques] veulent une revanche face au travail de la société civile et des scientifiques, qui a permis des politiques en phase avec l’urgence climatique. Leur agenda, c’est que la société civile ne puisse plus peser dans la prise de décision. »

Le programme Life court jusqu’à fin 2028. Mais pour 2028-2034, les propositions budgétaires de la Commission sonnent une alarme supplémentaire : le programme y est supprimé en tant que tel, ses activités absorbées dans de grandes enveloppes. Il s’agit d’une « disparition apparente généralisée du soutien structurel aux réseaux européens de la société civile », note Civil Society Europe. (...)

Un faux scandale monté de toutes pièces

Les hostilités ont été lancées en janvier 2025 par le Parti populaire européen (PPE, de centre droit et premier groupe parlementaire) et le groupe des conservateurs et réformistes (ECR). Les deux groupes s’en sont violemment pris au programme Life, via lequel l’Union européenne accorde chaque année des subventions de fonctionnement (les « Operating Grants ») à une trentaine d’organisations environnementales — dont WWF, Birdlife, Friends of the Earth (Les Amis de la Terre), Surfrider, Slow Food et Seas At Risk. (...)

« Ces subventions permettent aux ONG d’avoir la colonne vertébrale couverte pour mener des combats de longue haleine », résume Matilda Flemming, directrice de Friends of the Earth Europe.

À travers ces fonds, la Commission est pourtant accusée de financer des ONG afin qu’elles fassent du lobbying en son nom. L’examen conduit par Politico Europe n’a pourtant trouvé aucune trace d’une telle pratique.
Une chasse aux sorcières

Ces attaques ont conduit à la création d’un groupe de travail de surveillance dédié aux financements des ONG, imposé par une majorité droite-extrême droite [2] au sein du Parlement européen, et placé sous l’autorité de la commission du contrôle budgétaire.

Les écologistes, les socialistes et la gauche ont boycotté cette instance. « Pour eux, c’était une chasse aux sorcières », explique Faustine Bas-Defossez, directrice nature, santé et environnement au Bureau européen de l’environnement (EEB).

« Leur agenda, c’est que la société civile ne puisse plus peser dans la prise de décision » (...)

« C’est une chasse aux sorcières » : la droite européenne veut réduire au silence les ONG (...)

« Ce qui est véritablement en jeu, c’est la démocratie elle-même et l’intégrité du projet européen, dit Anouk Puymartin, responsable des politiques chez BirdLife Europe. C’est un agenda qui vise à le détruire. Il faudrait que les partis qui défendent ce projet s’en rendent compte. »