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Marie-Claude Saliceti
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Aliments ultratransformés : « Les méthodes sont les mêmes que l’industrie du tabac »
#alimentsUltraTransformes
Article mis en ligne le 2 mai 2026
dernière modification le 29 avril 2026

Malgré les nombreuses preuves de leurs effets délétères sur la santé, le gouvernement n’agit toujours pas. Une pétition, lancée notamment par Foodwatch, exige d’encadrer la publicité de ces aliments.

les produits ultratransformés ne se limitent plus aux rayons de la malbouffe, ils sont partout ou presque dans les supermarchés.

À tel point qu’ils comptent pour près de 60 % de l’offre alimentaire en supermarché et plus de 35 % de l’apport calorique moyen des adultes français. Reconnaissables à leur longue liste d’ingrédients comme les additifs, édulcorants, émulsifiants et autres arômes, ces substances sont censées améliorer la durée de conservation, le goût, l’odeur ou la texture des aliments. Objectif : les rendre « hyperappétissants », et ainsi encourager leur surconsommation.

Malgré les nombreuses études alertant sur leurs dangers pour la santé, ils continuent d’être massivement distribués et promus (...)

Reporterre — Que réclame votre pétition adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu et aux ministres de la Santé, Stéphanie Rist, et de l’Agriculture, Annie Genevard ?

Audrey Morice — L’objectif est d’abord d’interdire toute publicité pour ces produits à destination des mineurs, à la fois à la télévision, sur internet, sur les réseaux sociaux — notamment via les influenceurs —, dans les jeux vidéo. Mais aussi la publicité à proximité des écoles et des lieux fréquentés par les enfants.

Nous voulons également faire interdire le marketing incitatif sur les emballages (...)

Nous réclamons aussi un étiquetage obligatoire à l’avant des emballages, pour préciser qu’il s’agit d’un produit ultratransformé. (...)

Les fabricants de produits ultratransformés ont recours aux mêmes méthodes que l’industrie du tabac (...)

En Europe, l’absence de définition légale des aliments ultratransformés bloque toute régulation (...)

Le gouvernement joue la montre et fait le jeu des industriels. (...)

Le Programme national nutrition santé 5 (PNNS) — publié début avril après des mois de retard, et qui fixe les grandes orientations publiques afin d’améliorer l’alimentation des Français — n’est pas du tout ambitieux. Non contraignant, il fixe seulement l’objectif d’interrompre la croissance des produits ultratransformés et de réduire de 20 % leur consommation. (...)

Plusieurs pays d’Amérique du Sud, comme le Chili, ont par exemple supprimé toute utilisation sur les emballages de mascottes, personnages, jouets, jeux et cadeaux promotionnels destinés à attirer les enfants.

Surtout, entre 2016 et 2024, sept pays de la région (Chili, Pérou, Uruguay, Mexique, Argentine, Colombie et Brésil) ont mis en place un étiquetage d’avertissement obligatoire sur la face avant pour les produits trop riches en sucre, sodium ou graisses saturées. Les effets sont visibles (...)

en 2019, le Portugal a interdit la publicité pour les produits trop riches en sucre, sel ou graisses ciblant les moins de 16 ans dans les médias, sur internet et près des écoles et aires de jeux. Au Royaume-Uni, depuis le début de l’année, la publicité pour les produits trop gras, trop sucrés ou trop salés est interdite à la télévision avant 21 heures et en ligne à toute heure.