Le président salvadorien Nayib Bukele a annoncé, mardi 14 avril, que la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques allait désormais être assurée par Gemini, l’intelligence artificielle (IA) de Google.
(...) On est en train de créer le meilleur système de santé au monde », s’est réjoui le dirigeant, entouré pour l’occasion de spécialistes de l’IA appliquée à la santé et du directeur de Google Cloud.
Le projet s’inscrit dans le cadre d’un vaste partenariat avec le géant de Mountain View : un accord sur sept ans, à 500 millions de dollars, établi en 2023 et qui a déjà abouti à la construction d’un gigantesque centre de données dans la capitale du Salvador. La collaboration a également permis, en novembre 2025, le lancement de DoctorSV, une application mobile dédiée à la santé. (...)
Pallier les défaillances du secteur de la santé
Grâce aux données collectées, DoctorSV va désormais pouvoir identifier les personnes atteintes de maladies chroniques ou celles présentant des facteurs de risques, leur recommander des examens et réduire l’attente. « L’intelligence artificielle va beaucoup nous aider », a assuré Edgardo von Euw, médecin de formation et consultant en gestion des soins de santé, aux côtés de Nayib Bukele. « À un moment donné, nous traiterons le cancer et procéderons à des interventions chirurgicales », a promis ce dernier.
Plus qu’un simple gadget, l’outil dopé à l’IA doit pallier les défaillances du système de santé public salvadorien. « À la fin du premier mandat de Bukele, de nombreux hôpitaux très modernes ont été construits, mais les Salvadoriens se plaignaient de l’impossibilité d’accéder à des médecins », relate Kévin Parthenay, enseignant-chercheur à l’université de Tours et spécialiste de l’Amérique latine. Il fallait parfois patienter huit mois pour obtenir un rendez-vous avec un simple généraliste.
Des problèmes structurels aggravés par des licenciements massifs (...)
Mais cette stratégie n’est pas sans risques pour la population. Elle pose évidemment des questions en termes de protection des données personnelles. Mais aussi de l’usage qui pourra en être fait par le gouvernement de Nayib Bukele, régulièrement accusé de dérives autoritaires et qui s’autoproclame « dictateur le plus cool du monde ».