Des enfants, petits-enfants, ou arrière-petits-enfants de personnes ayant combattu le nazisme et Vichy et qui en ont été victimes disent leur colère de l’hommage rendu au militant d’extrême droite tué à Lyon, de la criminalisation de la gauche alors que c’est l’extrême droite qui exerce la violence.
(...) Ils et elles ont été caché·es, interné·es, déporté·es, ont été envoyé·es dans les camps de concentration et d’extermination, et connu les « marches de la mort ». Certain·es parmi elleux n’ont pas survécu à la Shoah, ont été gazé·es, massacré·es, torturé·es, affamé·es jusqu’à en mourir, et ne sont donc pas revenu·es de déportation. (...)
Nous portons cet héritage avec fierté et dignité, avec rage et tristesse, avec amour des nôtres et volonté d’honorer leur mémoire. C’est pourquoi nous sommes scandalisé·es de l’hommage national rendu à Quentin D. au travers d’une minute de silence à l’Assemblée nationale, ainsi que par l’autorisation de la manifestation à Lyon par le ministre de l’Intérieur. (...)
Quentin D. était un militant de l’extrême droite la plus dure et violente qui soit. Il était membre de l’Action française, organisation royaliste et antisémite historique. Il a cofondé le groupe des Allobroges de Bourgoin-Jallieu et participé à la grande manifestation néonazie du 10 mai 2025, organisée par le Comité du 9 Mai.
Lui rendre hommage, c’est insulter les victimes de la Shoah et du Porajmos, insulter la mémoire de la Résistance et honorer celle de la collaboration, dont les héritier·es politiques siègent aujourd’hui en nombre à l’Assemblée. C’est cracher sur nos ancêtres tué·es par le nazisme et ses complices.
C’est l’extrême droite qui tue, au quotidien.
Quelles que soient nos nuances politiques, nous sommes tout autant choqué-es de la criminalisation de la gauche, en premier lieu de La France Insoumise, des antifascistes, et de la censure à leur encontre.
C’est l’extrême droite qui tue, au quotidien (...)
C’est l’extrême droite qui, ces dernières années, a assassiné Clément Méric, Federico Martín Aramburú, Éric Casado-Lopez, Emine Kara, Aburrahman Kizil, Sirin Ayd, Angela Rostas, Djamel Bendjaballah, ou Hichem Miraoui… Ses idées racistes ont tué Aboubakar Cissé et Ismaël Aali.
C’est l’extrême droite, à Lyon comme ailleurs en France, qui attaque physiquement les mosquées, les locaux syndicaux et politiques, les librairies alternatives, les centres LGBTI. Des individus d’extrême droite ont préparé des attentats contre des synagogues ces dernières années et fourni des armes à l’auteur de l’attentat antisémite de l’Hyper Casher en 2015. (...)
C’est l’extrême droite, à Lyon comme ailleurs en France, qui agresse et tabasse les militantes féministes, les personnes racisées, les migrantes, les personnes LGBTI, les syndicalistes, les écologistes, les antifascistes, les opposant·es au génocide à Gaza… (...)
Nous ne pouvons plus nous taire. Ce serait insulter nos ancêtres et leurs sacrifices.